Polycratic, I. VII, c
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raire, mais l'attribution n'est pas certaine, avait publié sous le nom de Facetus une série de cent trentesept distiques rimés pour suppléer à ce qui manque à Caton, comme il le dit lui-même : .
Quod minus excquitur morosi dogma Catonis, Supplebo pro posse raeo monitu ralionis.
Les vers de Marbode ont une bien autre valeur littéraire que ceux du Facetus. Comme pensée, ils n'ont rien de rare ; ce sont pour la plupart des maximes déjà bien des fois exprimées avant lui, mais qu'il a rendues d'une manière claire, concise, et souvent élégante. « La manière de vivre diffère, la mort est la même pour tous. — La haine fait tomber les grandes choses, l'amour fait croître les petites. — Un bienfait ne reste pas dans l'esprit, une injustice s'y grave. — Le souvenir des jours heureux rend plus triste le malheur. — La science est le doux fruit d'une racine amère1. »
Dans certaines écoles, outre les programmes ordinaires, on enseignait aussi le droit. Avec des protecteurs comme les comtes d'Anjou, dont les ancêtres avaient été sénéchaux de France 2, et des professeurs comme Rainaucl, on peut supposer que celle d'Angers était de ce nombre. Rangeard a recueilli le témoignage de Claude Ménard, qui prétend, dans une
1. Dispar vivendi ratio est, mors omnibus una... Alta cadunt odiis, parva extolluntur amorc... Labitur ex animo benefactum, injuria durât... Tristibus afficiar gravius si lsela recordor... Doctrina est fructus dulcis radicis amarœ...
(Beaug., c. 1634.)
2, Hist, littér., t. VII.
Histoire manuscrite de l'Université d'Angers, que Marbode enseigna le droit romain. Ménard ajoute que, selon les titres de cette Université, le savant écolâtre serait allé à Rome solliciter des privilèges pour son école, et en aurait rapporté une bulle du Pape lui permettant d'enseigner le droit civil et le droit canon. Papyre Masson avait vu cette bulle, qui se trouvait dans les Archives de l'Université d'Angers; mais elle n'a pas été retrouvée depuis, de sorte qu'on ne sait pas à quoi s'en tenir à son sujet. On ne voit pas dans les ouvrages de Marbode, sauf cependant ses Lettres aux solitaires et à Rainaud de Martigné, quelles pouvaient être ses aptitudes en fait cle droit; mais une preuve de la réputation qu'elles lui acquirent, c'est le grand nombre de chartes qu'il signa, le grand nombre de procès entre les différentes abbayes dans lesquels il fut désigné comme juge, surtout quand le titre d'archidiacre eut ajouté a sa qualité de scholastique un nouvel éclat.
Le maître-école composait des prières, des hymnes, etc., qu'il faisait chanter par ses élèves à l'église. C'est là probablement l'origine des trois hymnes De Magdalena, des prières ad Patrem, ad Filium, ad Deum, ad Sanctam Mariant, ad matrem Domini, etc., qui sont, sauf cette dernière prière, en vers de huit syllabes, rimant deux à deux.
En 1081, une dispute s'éleva entre Marbode et le chantre Geoffroy.
« L'an du Seigneur M LXXXI (c'est ainsi qu'il faut lire la date donnée inexactement), le VIP jour des ides de mai, dimanche avant l'Ascension, en présence de l'évêque Eusèbe, dans le chapitre de Saint- Maurice, le scholastique Marbode s'est plaint des
injures et des violences du chantre Geoffroy, qui voulait, contrairement à la coutume de nos ancêtres, forcer les élèves de Marbode à lui demander la permission d'entrer dans le chœur et refusait de les laisser venir, selon l'habitude, les samedis, les veilles des fêtes, avant Pâques, la Pentecôte et Noël, chanter et se rappeler ce dont ils avaient besoin pour la cérémonie du lendemain. De sorte que quelques élèves, sans que Marbode l'ait su, avaient promis en secret de lui donner de l'argent, ne pouvant obtenir autrement ce qui leur était dû. Une discussion s'étant élevée sur ces faits, conformément à la justice, nous avons décidé et déterminé que l'on continuerait à l'avenir ce qui avait lieu sous nos prédécesseurs. Geoffroy, trésorier, Geoffroy, chapelain de l'évêque Martin, Ancier, prêtre, Garnier, diacre, Hugues, sous -diacre, tous chanoines, et quelques autres des chanoines ont témoigné qu'anciennement les écoliers entraient dans le chœur sans rien demander et sans prévenir le chantre, et que, certains jours que nous avons désignés, sans aucune rémunération, ils pouvaient chanter dans l'école du chantre. Nous avons donc pris soin de le faire savoir à nos successeurs, afin qu'il ne puisse désormais s'élever à ce sujet aucune difficulté1. » C'est sans doute de ce même chantre que Marbode a écrit Fépitaphe suivante2 : « Le chantre Geoffroy, astre brillant des
1. Cartul. de Saint-Maurice. V. le texte dans Rangeard, t. II, Preuves, p. 159.