SATIRES ET PETITES POESIES DE MARBODE
Gautier, en conseillant à Marbode de ne blesser personne, faisait allusion aux poésies satiriques de son ami, œuvres de jeunesse, de celles sans doute qu'il regrettait plus tard : « Devenu vieux, dit-il, je rétracte beaucoup des ouvrages que j'ai composés étant jeune, je m'en repens, et je voudrais qu'ils n'aient pas été écrits ou publiés, soit parce que le sujet en paraît peu honnête et léger, soit parce que la manière de les traiter aurait. pu être mieux appropriée1. » Double regret, auquel, comme on voit, l'esprit du prêtre et celui du poète ont également part. C'est donc à la première partie de la carrière littéraire de l'auteur qu'il faut rapporter la plupart de ses satires et de ses épigrammes.
Marbode ne prévoyait pas sans cloute qu'il serait un jour appelé au siège épiscopal de Rennes quand il écrivait contre cette ville une satire virulente dans laquelle Dom Lobineau, un Rennais cependant, trouve simplement qu1 « il y a un peu de passion2. » Beaugendre s'est décidé avec peine à la publier, « de peur, dit-il, de paraître avoir voulu blesser les habitants de Rennes, si fameux maintenant
1. Quae juvenis scripsi, senior dum plura retracto, (a) Pœnitet et quaedam vel scripta vel édita nollem, Tum quia materies inhonesta levisque videtur, Tum quia dicendi potuit modus aptior esse.
(Decem capit., I.)