L'abbé Tresvaux, L'Église de Bretagne
noît de Cornouailles, évêque de Nantes en 1081 et abbé de Sainte-Croix de Quimperlé en même temps. Du reste, de pareils abus se présentaient assez fréquemment aux divers degrés de la hiérarchie ecclésiastique, et l'Église même d'Angers n'en était pas exempte.
Dans l'épigramme à un nommé Faustin, le poète lui déclare qu'il considère son livre comme absolument vide, puisqu'une moitié est en blanc, et que l'autre ne contient que des riens1.
Marbode s'accuse d'avoir écrit dans sa jeunesse des vers qu'il qualifie de « materies inhonesta levisque. » Nous ne voyons guère que- deux ou trois petites poésies qui aient pu causer quelque scrupule à l'austérité de leur auteur. Malgré la moralité des derniers vers, mieux eût valu sans doute ne pas écrire la Salira in amatorem... ; mais quant aux quatre vers que cite Ampère 2, nous n'en ferons pas un crime au saint évêque. Ils expriment une idée qui fit fortune quelques siècles plus tard et dont s'emparèrent bien des rimeurs de madrigaux à bout d'imagination. « Avare envers les autres jeunes filles, la nature hésitait à se montrer complaisante dans ses dons. Elle t'en a comblée, et voyant son travail admirable, elle s'est étonnée elle-même de l'œuvre de ses mains3. » Ces vers durent plaire beaucoup dès