‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 37 sur 93 · Traduction de S, Ropartz, p · texte numérisé non relu

Traduction de S, Ropartz, p

invectives contre l'ignorance de ceux qui sont à la tête du clergé. Nous ne croyons pas que l'on puisse voir, comme le fait Y Histoire littéraire de la, France, dans le personnage si durement maltraité par les derniers vers, l'évêque Geoffroy de Mayenne. Quels qu'aient pu être le relâchement de la discipline ecclésiastique et l'ignorance, vraie ou fausse, de Geoffroy (ignorance à laquelle des auteurs sérieux, Mabillon, le Gallisb Christiana, etc., ne croient pas) et l'indépendance de Marbode, il est difficile d'admettre qu'il ait jamais osé écrire contre son évêque des vers comme ceux-ci :

C'est l'ignorant neveu d'un conducteur d'ànon Qui régente aujourd'hui les docteurs de renom. 0 toi, qui d'un seul bond as gravi le Parnasse, Que des Muses le chœur accueillit avec grâce, Devant qui nous courbons notre front abaissé, Savant fils de l'ànier, sais-tu ton A B C? Sais-tu ce qu'est un clerc, un prévôt, un vidarae? La réponse est aisée; en vain je la réclame, Et je n'obtiens qu'un sourd et grossier grognement. Et c'est là le docteur qu'on porte au firmament, Que l'on met au-dessus de nos docteurs célèbres! Sa lanterne vraiment ne produit que ténèbres; S'il est docteur, ce n'est que pour les ignorants. Cependant il commande aux prieurs, aux savants. Il règne. Ce n'est pas pour longtemps, que je pense. Satan le veut. Sa place est choisie à l'avance : Bien digne assurément de cet excès d'honneurs, En enfer il sera le prévôt des voleurs 1 !

Un archidiacre n'envoie pas si lestement son évêque en enfer, et si l'on a quelquefois accusé Geoffroy

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