‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 4 sur 93 · Histoire littéraire, 1. c · texte numérisé non relu

Histoire littéraire, 1. c

3. « Quis nitor cloquii, judiciive rigor! » (Édit. Beaugendrc, col. 1324.)

le Réchin, qui mourut en 1109, trois ans après son fils, a laissé un fragment d'une Histoire des comtes d'Anjou, dont l'authenticité, il est vrai, a été contestée. Malheureusement ce vernis de civilisation n'empêchait pas ces hommes encore à demi barbares de se livrer à tous les excès de leur temps, avec des intermittences de repentir dont profitaient les abbayes, et, quand l'un d'eux se faisait porter sur une claie à travers les rues de Jérusalem en demandant pitié pour le misérable pécheur, Foulques d'Anjou, il avait à expier ainsi toute la longue série de brigandages de ses pères.

Les femmes même se laissaient gagner par l'émulation de la science. Suivant une lettre publiée par Mabillon dans ses Annales Bénédictines, Agnès, femme de Geoffroy Martel, avait acheté du chapelain du comte, Martin, les homélies d'Haimon cl'Halberstadt au prix de deux cents brebis, un muid de froment, un de seigle, un de millet, et un certain nombre de peaux de martres. Ermengarde, fille de Foulques le Réchin et femme du duc de Bretagne Alain Fergent, qui fut liée sur la fin de sa vie avec saint Bernard, ne manquait pas d'instruction.

Ainsi l'Anjou gardait le dépôt des lettres latines, tandis que tout auprès Guillaume de Poitiers se plaçait à la tête des troubadours.

Dans de pareilles conditions, l'école d'Angers ne pouvait manquer d'être florissante. Au moment où s'ouvrait la seconde moitié du xi° siècle, elle avait pour écolâtre l'archidiacre Rainaud, et prospérait sous la direction paternelle du doux et pieux évêque Eusèbe Brunon. C'est là qu'arrivait encore enfant, pour n'en sortir qu'une fois évêque de Rennes, celui

qui devait être l'honneur des lettres de son temps, Marbode.

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