Douët d'Arcq, Revue des Sociétés savantes
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soit sous son nom véritable, soit encore sans aucun nom et les médecins du moyen-âge le considèrent comme une autorité dans leur science.
A quelle source Marbode avait-il puisé ses connaissances minéralogiques et magiques? La distinction de ces deux branches de sciences n'est pas inutile, car c'est, croyons-nous, à un auteur différent que Marbode empruntait chacune d'elles.
Les écrivains anciens qui se sont occupés des pierres peuvent être divisés en trois groupes. Les uns y ont vu surtout un sujet poétique à traiter : tel est Orphée ou l'auteur des mpl Xfôw, quel qu'il soit. D'autres, sans se tenir toujours en garde contre les excès d'imagination, ont voulu rester naturalistes : tels sont Aristote, Théophraste, Pline, Solin, Isidore de Sévillle, etc. Enfin, les derniers — nous laissons ici de côté un quatrième groupe formé d'écrivains chrétiens mystiques, — étant surtout d'origine orientale, ont donné franchement dans les rêveries de la magie.
Or, si nous comparons ces différents auteurs avec Marbode, nous voyons que ce dernier a emprunté tout son poème à deux d'entre eux, en réunissant, en combinant leurs indications : l'un est Isidore de Séville, l'autre est celui dont Touvrage a été publié sous le nom de Damigéron clans le Spicilegium Solesmense de Dom Pitra.
Tous les anciens éditeurs et commentateurs du Liber lapidum l'ont considéré comme traduit d'Evax. Le nom d'Evax ne se rencontre dans aucun écrivain de l'antiquité, sauf dans certaines vieilles éditions de