‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 56 sur 93 · Histoire de Bretagne, 1707, t. Ier · texte numérisé non relu

Histoire de Bretagne, 1707, t. Ier

2. Une charte intéressante à ce sujet, publiée en extraits par Dom Morice (Preuves de l'Histoire de Bretagne, t. I, p. 389), a été donnée en entier par M. A. de la Bordcrie (Mémoires de la Soc. d'Archéolog. d'Illeet-Vilaine, 1885). Une femme, nommée Barbota, possédait par héritage l'église de Saint-Brévin, près de Paimbœuf. Apprenant que les églises ne devaient appartenir qu'à des personnes consacrées à Dieu, moines, chanoines, etc., sous peine d'excommunication pour leur possesseur, et désirant avant tout le salut de son âme, cette femme donne son église aux moines de Saint-Aubin, moyennant quelques conditions. (Cartul. de Saint-Aubin.)

avait cherché avec le plus grand zèle à rétablir partout Tordre et la vraie discipline ecclésiastique; mais il n'était pas en son pouvoir de détruire un état de choses aussi fortement enraciné dans les mœurs.

Le duc de Bretagne était alors Alain Fergent, un des princes qui ont porté le plus haut la gloire de la couronne ducale. Alain avait succédé en 1084 à son père, Hoël IV. A son arrivée au pouvoir, il eut à étouffer la guerre civile, qui durait depuis longtemps déjà. Il s'empara cle Rennes et envoya le comte Geoffroy-le-Bâtarcl mourir prisonnier à Quimper. La possession cle la capitale de la Bretagne lui assurait l'autorité sur toute la province; un ennemi plus redoutable que Geoffroy se présenta alors : le terrible conquérant cle l'Angleterre vint assiéger Dol. Alain le força à la paix et obtint sa fille Constance en mariage. « C'était une princesse bien faite et bien née, dit Dom Lobineau, d'un esprit mûr et solide, qui aimait la paix, zélée pour la justice, charitable, éclairée, qui méritait enfin de régner plus longtemps qu'elle ne régna1. » Elle mourut en 1090, et Guillaume de Malmesbury prétend, sans cependant qu'il faille trop s'en rapporter à sa parole, qu'elle fut empoisonnée par les Bretons, fatigués de sa juste sévérité'2. » Son corps, inhumé dans l'abbaye de Saint- Melaine, fut retrouvé lors des réparations faites à l'église en 1672.

En 1093, Alain se remaria avec Ermengarde, fille

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