‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 57 sur 93 · Dom Lobineau, Hist. de Bret., t. I · texte numérisé non relu

Dom Lobineau, Hist. de Bret., t. I

2. « Constantia comiti Britannia; Alano Fergant in conjugium data austeritate justitiae provinciales in mortiferam sibi potionem exacuit. » (Gesta regum Angl., 1. III.) — Assertion douteuse, car Orderic Vital n'en parle pas.

de Foulque le Réchin, et nous avons vu que la princesse angevine ne fut pas heureuse auprès de son mari. C'était une femme de beaucoup de mérite. Bien que son nom ne se trouve ni dans le martyrologe de Fontevrault, ni dans celui de Saint-Maurice d'Angers, Albert le Grand a cru devoir raconter sa vie dans ses Saints de Bretagne, et Dom Chamard a suivi son exemple dans ses Vies des Saints de V Anjou. Dom Lobineau a reproduit son portrait tel qu'il se voyait autrefois sur les vitraux de l'abbaye de Redon; voici la description qu'il en fait : « Ermengarde était d'une taille très déliée; elle avait le teint fort blanc, les yeux grands, la bouche de même; les habits, quoiqu'elle fit profession de piété, n'avaient rien qui ne répondît à la dignité du rang qu'elle occupait; l'or et les pierreries brillaient dans sa coiffure; elle portait des colliers de prix, des chaînes d'or, des roses do diamants, des fourrures délicates, des étoffes rares. Mais si elle s'habillait comme les autres dames pour soutenir la dignité de son rang, elle leur apprenait par sa conduite qu'il n'y a rien de grand que Dieu, et que tout le reste n'est rien1. » Ce luxe transporté d'Anjou en Bretagne devait paraître bien singulier dans un pays pauvre, où le duc lui-même se trouvait obligé de vendre à l'abbaye de Quimperlé une terre et un cheval de prix pour subvenir aux nécessités de l'État2. La présence à Rennes d'une pareille princesse dut être pour Marbode comme une compensation de ce qu'il avait quitté,

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