‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 59 sur 93 · J. de Péquigny, l. c · texte numérisé non relu

J. de Péquigny, l. c

France prêcher la première Croisade au Concile de Clermont, consacra Marbode à Tours le dimanche de Lsetare, 23 mars 1096.

Si l'on en croit Ulger, son ancien professeur aurait accepté avec peine l'honneur qui lui était offert :

Hic prœsul factus nolens licet atque coactus1.

Un écrivain de notre temps semble moins convaincu de sa modestie. Marbode fut élu, dit-il, « non sans quelque soupçon de simonie2. » La simonie, ou plutôt, pour être plus équitable, les accusations de simonie, n'étaient pas alors chose rare : ni Baudry ni Hildebert n'y avaient échappé. Le saint évêque Yves de Chartres n'a pas craint de se faire luimême l'écho des accusations portées contre Baudry. Le roi de France aurait promis l'évêché d'Orléans à l'abbé de Bourgueil, et comme celui-ci lui reprochait de ne pas avoir tenu sa promesse, le roi lui aurait cyniquement répondu : « Prenez patience en attendant que je profite de l'évêque actuel, ensuite demandez qu'il soit déposé, et je ferai ce que vous voudrez3. » Mais il ne manque pas d'objections à faire au récit d'Yves de Chartres4, et la sainteté de la vie de Baudry à Dol suffirait pour le mettre en doute. Quant à Hildebert, il avait été accusé, lors de son élection à l'évêché du Mans, de vivre avec des femmes de mœurs légères, et le même Yves de

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