‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 60 sur 93 · V. l'abbé H. Pasquier, Baudri, p · texte numérisé non relu

V. l'abbé H. Pasquier, Baudri, p

Chartres, dont la bonne foi fut encore surprise, lui écrivit à ce sujet une lettre sévère.

Les soupçons, en ce qui concerne Marbode, reposent sur une base bien fragile. Sur son lit de mort, Robert d'Arbrisselle se confessa publiquement « de ce que, lorsqu'il était encore séculier, il était tombé dans le fléau de la simonie à propos de l'élection d'un évêque cle Rennes1. » Or, Sylvestre de la Guerche ayant été élu en 1076, quand Robert était encore bien jeune, l'étude des dates montre qu'il ne peut s'agir que de Marbode. Mais quelle confiance accorderonsnous à ce scrupule du pieux missionnaire, quand nous le voyons, dans cette même circonstance solennelle, devant tous ses religieux, s'accuser d'avoir demandé de la pluie dans la sécheresse, et de la sécheresse dans les temps de pluie?'2 Robert avait certainement connu Marbode à Angers, puisqu'ils y avaient enseigné tous deux en même temps; il pouvait bien avoir contribué à son élection, sans cependant tomber pour cela dans la simonie. Il est donc permis de voir dans sa confession une exagération de pénitent, comme dans la phrase citée plus haut de sa lettre à Ermengarde : « Simoniaques sont les évêques, » une exagération d'orateur. Aucun autre contemporain n'a jamais jeté le moindre doute sur la régularité de l'élection de Marbode.

1. « ConGtebatur coram omnibus... quod dum esset sœcularis, in ordinatione cujusdarn Redonensis episcopi in vcnenum simoniœ incident. » (Vita R. de Arbrissello, auctore, ut creditur, Andréa, ipsius discipulo et confessario. Patrolog. de Migne.)

2. « ... Dum plueret ipse siccitatem desidcrabat, et e contrario. » (Id.)

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