‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 67 sur 93 · La Vie du B. Robert d'Arbrisselle, p · texte numérisé non relu

La Vie du B. Robert d'Arbrisselle, p

2, Preuves, p. 556.

sont réunis aux cardinaux et légats de Rome en Concile à Poitiers, où l'évêque de Rennes fut déposé, et l'archevêque de Tours le fut presque. » Les chartes et les chroniques du xie siècle et du xne ne manquent pas d'assertions erronées dont il faut se défier, et outre l'impossibilité matérielle de la déposition de Marbode tirée des dates, comment se fait-il que ni les actes du Concile, ni aucun écrivain sérieux n'en parle? Cependant, Beau gendre semble l'admettre, tout en disant que Robert y fut étranger : « Si, dit-il, comme quelques-uns l'ont pensé, Marbode avait eu à se plaindre du Bienheureux Robert à cause de sa déposition dans le Concile de Poitiers, il ne l'aurait certainement pas tu dans sa lettre, de même qu'il n'a pas caché la malice angevine du doyen Étienne. » Ce qui a pu produire la confusion, c'est qu'un évêque fut, en effet, déposé à Poitiers, mais c'était l'évêque d'Autun, Norgaud, et nullement celui de Rennes1. Ne serait-il pas singulier que Marbode eût été déposé, et que le principal coupable dans toutes ces circonstances, Rainaud lui-même, ne l'eût pas été?

L'élection d'Angers nous montre que Marbode n'était pas opposé à l'ingérence des laïques dans certaines affaires religieuses. C'est ce qui nous explique comment, dix ans plus tard, en 1111, dans les difficultés qui s'élevèrent entre l'empereur Henri V et le pape Pascal II, il semble avoir pris le parti de l'empereur. C'est du moins ce que nous pouvons conclure d'une lettre cl'Hildebert

1. Cette déposition de Norgaud fut, quelque temps après, annulée. (Voy. la Gallia Christima., t. IV, col. 388.) — F. R.

(1. II, 22). Mais il ne faut pas oublier qu'en somme on ne peut affirmer à qui cette lettre était adressée. Il s'agit d'un ami d'Hildebert, d'un grand poète, mais on ne peut préciser davantage; aussi nous n'insisterons pas i:

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