‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 90 sur 93 · Pierre de Blois, ép · texte numérisé non relu

Pierre de Blois, ép

En vers, Hildebert est, selon Orderic Vital, un versificateur incomparable, « incomparabilis versifïcator; » ses poèmes plaisaient tellement aux cardinaux romains venus en France qu'ils les emportaient à Rome pour les faire admirer dans le pays même de Cicéron et de Virgile l. En vers comme en prose, les sujets théologiques l'attirent, il s'y sent à l'aise; l'explication allégorique flatte son imagination, aussi ne se fait-il pas faute d'en user; il y manœuvre ses rimes léonines avec une habileté con-. sommée. Des Vies de saints, pas grand"chose à dire; c'est en quelque sorte une œuvre impersonnelle; elles appartiennent à leur temps plus qu'à tel ou tel auteur, qui n'a fait que les couler clans un moule uniforme. Mais la vraie valeur d'Hilclebert, c'est ailleurs qu'il faut la chercher. Voyez, par exemple, les poèmes De exilio suo, ou bien De ornatu mundi; il y a là des passages qui dénotent un vrai poète, de la richesse d'imagination, un style précis et coloré. Il demande à la muse d'élever son style, et la muse lui obéit. C'est ce que Marbode a bien vu, et ce qu'il exprime ainsi .: « Tes vers, clans leur vol sublime, dépassent les nues'2. » Mais tout à coup, au milieu de cette forme agréable, arrive une note discordante; ce sont cle petites phrases d'une brièveté excessive, ou bien un verbe suivi d'une longue et sèche série de compléments, ou bien encore c'est le vers rapporté dans toute son exagération 3. Les contemporains avaient

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