Epitaphe métrique de Flavius Natalis
Inclyte sacroru-
(1) CIL, VIII, 4673, 4674 (Gaelestis) ; 4680, 4683, 4687 [Plutonis) ; 4681, 4682 (Liberi). Cf. aussi Année épigr., 1917, n» 82.
(2) WissowA, Religion u. Ktiltus der Rômer^, pp. 506 et 516, n. 2.
(3) Plut., Quaest. Rom., 86.
(4) CIL, VIII, stippl. 17904, 17905, 17911 (= 2400).
(5) WiLLEMS, Le droit public romain^ , p. 538 ; Riewald, Sacerdotes, Real- Enc, la, 2, p. 1652. Ce titre n'indique pas, comme l'a ditCumont que le personnage a été attaché au culte des empereurs {Catalogue, p. 195) ; les prêtres des empereurs portaient le titre de flamines, rarement de sacerdotes, jamais,, semble-t-il, depoMi*/*ces. Geiger, De sacerdotibus Augustorum municipalibus,. Diss. Halle, 1913, pp. 21 sqq. ; Riewald, l. L, p. 1652.
(6) Catalogue^, p. 193, n^ 164 = Recueil de la Soc. d'Arch. de Constantine,. XLI, 1906, p. 422, n^ 410. Ballu, Bull. arch. Corn. trav. hist., 1907, p. 248. Comptes-rendus Acad. Inscr., 1912, pp. 151 sqq. Engstrôm, Carmina lat. epigr..., Gotoburgii, 1912, p. 67,221.
7n cultor, secure quiescis. Hic juvenis quem tellus habet, quem Tartarus ipse, qu(a)ere piam sedem.
Hic enim sepulti decumbunt.
« Aux Dieux Mânes. Illustre S3ctateur d'un culte sacré, tu reposes ici en sécurité. Toi, jeune homme que la terre, que le Tartare même contient, gagne un pieux séjour, car c'est là que les défunts festoient, »
Il me paraît difficile de souscrire à cette traduction. Il n'est pas douteux que le enim de la 1. 7 ne souligne le hic parce que c'est visiblement un rappel du hic de la 1. 4. A supposer même que le premier hic puisse être traduit par « toi », le second ne pourrait, en tout cas, être rendu autrement que par «ici», le seul sens dont il soit susceptible lorsqu'il est adverbe de lieu. On arriverait alors à la traduction inadmissible : « car c'est ici que les défunts festoient ». Il ne reste donc plus qu'à rendre à decumbunt le sens obvie de quiescunt. Et nous adoptons franchement l'interprétation re jetée, je ne sais pourquoi, comme absurde, par l'éditeur (« cherche ici un pieux séjour, car c'est ici que les défunts reposent »), alors qu'elle peut s'autoriser d'un grand nombra d'épigrammes funéraires où la même idée est aussi clairement exprimée (1).
(1) BuECHELER, Carmino, eplgraphica, 541 : hic ego jaceo placidusque qidesco 622 : sede sub hac recubat... haec illi nue {sic) requies fati, haec sedis aetern[à] ; 1125 : [h]ic defuncta piis sedib{us) ecce inoror ; 1106 -.ut salt&tn recubans in morte quiescere posset securaque jacens ille quiète frui. Cf. surtout 612 : hue veniens placîdo posuit pia membra sephulcro, hanc in aeterno sibi sedem Gonstantia quaerens. Il n'y a pas contradiction entre quetn... Tartarus habet et hic : ce sont les mânes du défunt que « la terre ou plutôt le Tartare contient », tandis que hic désigne le tombeau qui renferme ses restes. Cf. ^UECB.EiiE'R, 1005 : hic eritinclusus tumulo... hic egonunc cogorStygias transire palvdes. Du reste, on pourrait, à la rigueur, prendre juvenis pour un génitif dépendant de sedem, comme le fait Engstrôm (Cf. toutefois ci-dessous, p. 37, n. 2).
Et il faut sûrement renoncer à trouver ici l'expression discrète de la participation du défunt au banquet des bienheureux. Decumbere pouvant signifier « se coucher )> et « s'étendre sur un lit de table », il faudrait, s'il était pris dans cette seconde acception, qu'un mot, un détail, en précisât le sens ; c'est le cas, par exemple, dans l'épigramme funéraire de Rubius Urbanus (1), où decumbere est remplacé par oxcujnbere qui, lui aussi, peut être pris dans les deux sens :
Hic accumbentem sculpi genialiter arte se jussit docta post sua fata manu.
Ces vers, comme l'indique sculpi, ne sont que le commentaire du bas-relief où le défunt est représenté étendu sur un lit, près d'une table. Rien ne permet de supposer que l'épitaphe de Natalis, qui est complète, fût illustrée d'un monument de ce genre (2).
(1) CIL, VI, 25531 = BuECHELEB, Carm. epigr., 1106.
(2) Engstrôm, l.l., repi^oduit encore l'erreur de lecture de Ballu, quant Tartarus ipse : le quem se Kt très distinctement sur le marbre et cette fin de vers n'est pas empruntée, comme il le suppose, eoî elogio jeminae cujusdam. C'est également à tort qu'il conjecture que les derniers mots sepulti decumbunt sont tirés de l'inscription d'un naonument funéraire élevé a deux ou plusieurs personnes : sepulti fait évidemment allusion à tous les morts qui reposent dans le cimetière où Natalis était inhumé. Il est tout aussi difficile d'admettre que juvenis soit un génitif : c'est un vocatif qui correspond évidemment à inclyte cultor comme qu[ajei'e à quiescis. Pour quaerere ayant comme sujet le nom d'un défunt, cf. Buecheler, 612.
Marbres et inscriptions d'Athènes et d'Eleusis