‹ Marbres et textes antiques d'époque impériale [microform]Chapitre 14 sur 32 · Document daté de T archonte Thrsasyllos · texte numérisé non relu

Document daté de T archonte Thrsasyllos

Fragment de marbre pentélique, incomplet de partout sauf en haut. Longueur, 0.26 ; hauteur, 0.16 ; épaisseur, 0.13. Ltttres terminées par de petites barres, hautes de 0.015. Athènes, Stoad'Attale (1).

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D'après les caractères, l'inscription n'est sans doute pas antérieure à l'époque impériale. Parmi les archontes connus de oe tte période, il n'y a que le nom de Thrasyllos qui puisse se restituer ici. L'archontat de Thrasyllos est mentionné par Phlégon de Tralles (2) qui en fait le contemporain des constds de 61, P. Pétronius Turpilianus et L. Caesennius Paetus. Coname l'année attique commence, à cette époque, vers le mois de

(1) Nous avons donné une simple transcription de ce fragment dans nôtre Chronologie des archontes athéniens sous V Empire {Mém.Ac. de Belgique, VIII, 1922), p. 88.

(2) De Mirab., FHG, III, p. G22, Ad {KiêiijT.'ER,Natur.reniin script. Gr.,!, p. 82, XX). Le nom de Thrasyllos date également im catalogue éphébiqixe du temps do Néron, J (7, HT, 1085.

juillet, Thrasyllos a donc pu être archonte pendant Tune des deux années 60/1 ou 61/2. C'est donc être trop affirmatif de le placer, comme le fait von Schœfïer, en 61 /2 ( 1).

La dernière lettre de la 1. 1 ne peut, semble-t-il appartenir qu'à un B ou un P : l'amorce de la haste verticale nous a paru présenter une courbe légère. De toutes façons, on ne pourrait hésiter qu'entre notre restitution et celle de [rajurjXiuJVoç].

L. 2. Dans un texte de l'époque impériale, ÙTTO|uvr||uaTa ne peut guère être que la ..traduction de commentarii (2) ; il s'agirait donc ici d'Un extrait (3) {ex commentariis) des archives d'un magistrat romain, dont le titre serait conservé à la 1. 3, oti il ne peut guère être question du cripairiYÔç èm Toùç ÔTTXeÎTctç d'Athènes (4). Les textes citent très fréquemment les a commentariis ou les comînentarienses des gouverneurs de province (5). Mais^ si notre document se place bien en 61, l'Achaïe, qui est redevenue définitivement province sénatoriale depuis 44 (6), a pour gouverneur un proconsul, dvSuTtatoç (7). Le titre de la 1. 3, ne pourrait donc être que celui d'un

(1) Real-Enc, II, p. 594. D'après les résultats auxquels Dûrrbach {BGH, XXVIII, 1904, p. 181) est arrivé pour deux autres archontes d'époque impérale cités par Phlégorx, il faudrait opter pour la date la plus haute. Cf. aussi notre Chronologie des archontes athéniens sous V Empire, pp. 80 et 88.

(2) Cf. l'article commentarii, Real-Enc, IV, pp. 726 sqq., et B. Keil, Beitràge zur Qeschichte des Areopags {Ber. ûber d. Verhandl. d. Sachs. Akad., 1919, 71,8), pp. 14 sqq.

(3) Sur l'emploi d'extraits de ce genre, cf. Real-Enc. l. l., p. 757.

(4) On connaît il est vrai, nombre de textes abtiques datés à la fois de l'archonte et du stratège {cî.IG, III, 63, 65, etc.), mais ce ne peut être le cas dans uns inscription où le nom de l'archonte et celui du stratège sont séparés, comme ils le sont ici, par un mot comme [uTTo]|Uvr||udTUJV qui doit être la traduction d'un terme latin.

(5) Real-Enc, l. L, p. 762 ; Dizionar. epigr., II, pp. 538 sqq.

(6) Chapot, s. V. Provincia, Dict. des Ant. gr. et rom., IV, p. 727.

(7) Magie, De Romanorum juris publici... vocabulis soUemnibus..., p. 86. Parfois arpaTY]^6ç, naais dans les textes littéraires seulement {ibid.). Quant au titre de arparriYÔç uiraTOç, le dernier exemple connu est de 10, environ, de notre ère. Cf. Holleaux, Rev. Arch., 1918, VIII, p. 232. (Nous n'avons pas encore pu consulter l'ouvrage du même auteur Étude sur la traduction en grecC du titre consulaire, qui ne semble i3as encore avoir été mis dans le commerce, bien qu'il en ait été donné déjà des comptes-rendus). Pour la liste des gouverneurs d'Achaïe, cf. Dizionar. epigr., T, p. 30 sq.

légat propréteiir [irpecTpeuinç (Kai) dvTiJaipdTriYOç (1), comme ceux que le proconsul d'Achaïe avait sous ses ordres (2), ou d'un questeur qui porte, en province, le titre de quaesior pro praetore, en grec, Tainiaç (Kai) dviicripàTriToç (3).

Si notre document est bien du 1^^ siècle, on ne pouirait songer à un Tupeo'PeuTriç (Kai) dvTiCTTpdTriYoç KcYiaTriç Kai èrravopOujTrjç Tujv èXeuGépujv irôXeuiV (Magie, p. 88), car l'institution des correçtores, comme on les appellera plus tard, n'est pas attestée, en Achaïe, avant Trajan (4).

Des extraits de procès- verbaux de ce genre étaient gravés sur pierre, notamment dans les cas de contestations relatives aux frontières de deux cités voisines. L'on rapprocherait volontiers notre fragment d'une décision rendue par un judex datus, désigné par Trajan pour mettre fin à des contestations de ce genre qui s'étaient élevées entre Doliché et Elyma (5). On y lit, comme dans notre texte, après la date : [dé\scnptum et re[cognitum e\x commeniario, etc.

De même, dans une lettre du légat de Mésie, Marins Labérius Maximus, en 100, lettre adressée aux autorités d'Histrie, pour fixer les limites de leur territoire (6), on lit à la 1. 63 sq. : [descriptum] e[t] recogniUim factum ex comm. M[ari Laberi], etc.

Il se pourrait donc que le fragment d'Athènes appartînt à un document de cette catégorie (7).

(1) Magie, p. 90.

(2) Liste de ces legati, dans le Dizionar. epigr., I, p. 31 sq.

(3) Magie, pp. 12 et 96. Pour ces questeurs, en Achaïe, cf. Dizion. epigr. ^ I, p. 32. ,

(4) Dizion. epigr., I, p. 33 ; III, p. 1242 ; Real-Enc, IV, p. 1646 ; Pros. Imp. Rom., III, p, 117, n» 23.

(5) Ann. Brit. School at Athens, XVII, 1911, p. 193 = Gagnât, Rev. Arch., 1913, XXI, p. 450, no 2.

(6) Ann. Acad. roiim., Série II, t. XXXVIII, no 15, p. 556 = Cagnat, Amiée êpigr., 1919, no 10 (= Rev. Arch., 1919, X, p. 402). Cf. aussi CIL, X, 78.52 = Dessau, 5947 : descriptum et recognitum ex codice ansato L. Helvii Agrippae proconsulis (Sardaigne. Époque d'Othon).

(7) Cf. aussi CIL, III, 591 (contestation entre Dion et Oloosson. Époque de Trajan); 586, 12306 (Lamia et Hypata. Règne d'Hadrien) et SIG^, 827 (Delphes, Règne de Trajan).

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