‹ Marbres et textes antiques d'époque impériale [microform]Chapitre 18 sur 32 · GO · texte numérisé non relu

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aux Athonieiis (1), précisément, le décret nous le dit (1. 6), à roccasioii de l'envoi de cette ambassade à la cour, ambassade à laquelle Jalia Domna avait donné l'appui d'un concours actif (cruvepYoùcniç). Si cruJTeipa n'est pas un vain mot, il est légitime de supposer que l'impératrice, qui jouissait d'un grand crédit auprès de l'empereur, était intervenue auprès de lui pour obtenir un adoucissement au châtiment qu'il avait tiré des Athéniens. Il avait été gravement offensé par eux lorsque, simple particulier encore et peut-être exilé, il séjournait à Athènes pour y étudier, se taire initier aux Mystères et visiter les curiosités de la ville (2). Devenu empereur, il se vengea mimiendo eorum privilégia, comme le dit son biographe. Von Preme rstein a eu raison de ne pas .se rallier à l'ancienne hypothèse, suivant laquelle Septime-Sévère aurait enlevé aux Athéniens les territoires qu'ils possédaient en dehors de l'Attique ou en diminuant leurs r< venus (3). Le met privilégia ne dit d'ailleurs rien de tel. Il a bien vu aussi qu'il n'était

1) VON Premkrstein, l. L, p. 254, s'est borné à dire à ce sujet : es werden damit vom neuen bezeugt das Irderesse der hohen Dame, die schôngeistigen und philosophischen Neigungen hiddigie, fur Athen als den Hawptsitz griechischer Bildung.

2) Vit. Sev., 3, 7 : post hoc Athenas petit studiorum sacrorumque causa et operum ac vetustatum. XJhi cum injurias quasdatn ah Atheniensibus pertulisset, initnicus his factits minuendo eorutn privilégia jam imperator se ultus est. — Pour l'initiation de Septime-Sévère, avant son accession an trône, cf. P. FoucART, Les Empereurs romains initiés aux Mystères d'Élev^sis, Rev. de Phil., XVII, 1893, p. 207. C'est à tort que -Giannelli, ^.Wi^cGac?. Torino^ 1914-15, p. 382, n. 4, prétend qu'on ne peut faire la preuve de l'initiation de l'empereur. Il est évident que dans sacrorum, il faut comprendre les cérémonies sacrées les plus réputées d'alors, les Mystères.

3) A la bibliographie donnée par Hermann-Thumser, Griech. Staatsaltert., IV', p. 786, n.6, ajouter Platnaueb, The Life and Reign of the Emperor L. Septimius Severus, Oxford, 1918, p. 44 ; J. Hasebroek, Untersuchungen zur Geschichte des Kaisers Septimius Severus, p. 11, qui n'apportent rien de neuf. Cf. atissi SIG^, 875 = /(?,XII, 8, 634: c'est à tort que Fredrich et après lui Hiller von Gaertringbn déduisent encore de la mention, dans cette dédicace à Sévère, de l'archonte local, que l'île était redevenue indépendante. Cf. i G, XII, 8, 645, qui date de 116-7 (Graindor, Chronologie des archotites athénien.^, pp. ilC, 124) et où il est fait mention d'un archonte de Péparéthos, à une époque où l'ile appartenait certainement aux Athéniens,, vu qu'on date en même temps de l'archonte d'Athènes.

pas possible de prouver, comme prétendait l'avoir tait von Domaszewski (1), qu'Athènes avait perdu, sous Septime- Sévère, sa condition privilégiée de civitas fœderata. D'après von Premerstein (2), le châtiment aurait été moins dur ; l'empereur se serait contenté do restreindre l'autonomie administrative d'Athènes : d'extraordinaire qu'elle était auparavant, l'institution de commissaires impériaux connus sous le nom de biopOuuTaî, èircivopGujTai {legati Augusti pro praetore ad corrigenduyn statum) ou Xoyicttoiî (ad rationes putandas) serait devenue ordinaire pour Athènes comme pour les autres cités libres de la province.

Je me rallierais d'autant plus volontiers à cette opinion (3) qu'on peut apporter en sa faveur un texte qui a échappé à l'attention de von Premerstein. Voici ceux qu'il cite (p. 269, II. 70) :

1^) IG,Î1I, 44 (republié depuis sans modifications notables dans 10, TE-III, éd. min., 1113) ^ous Sévère.

20) BGH, XIV, p. 649, no 2 {=SIG\ 1110), (etwa unter Caracalla) : il s'agit d'un XoTicTTriç t\\c, XajUTTpoxdTriç 'AOrivaîuuv TTÔXeiuç du nom de Gains Licinius Télémachos (4), L'éditeur l'identifie, avec raison, avec le XoTiCTriç ifiç Traipîboç fijuujv cité dans un décret d'Athènes de 208/9 et dont le nom n'est conservé qu'en partie (Fourmont : Pdioç Al ; Pococke AY), décret publié en dernier lieu dans IG, II-III, éd. min., 1077. D'après nos calculs, l'archonte Dionysios d'Acharnés, qui date le texte BGH, 1.1., doit être placé en 212/3 ou peu après (5).

A ces deux textes, il aurait fallu ajouter :

3°) Bullet. arch. du Gom. des trav. Mst., 1911, p. 117, n^ 23 = CAG]srAT, Année épigr., 1911, n^ 107 (Lambèse) ; Dessaf,

1) Archiv f. Relig. W'issensch.,XI, 1908, p. 239 = Abhandl. zur rôm. Relig., pp. 212 sq.; Gesch. d rôm. Kaiser, 11^, pp. 254, 267. Platnauer, o. L, p. 44, n, 4, n'a pas connaissance de ces travaux. J, Hasebrobk, p. 11, ne prend pas nettement parti sur ce point, tout en paraissant se rallier à T opinion de von Domaszewski.

3) Contestée à tort par Hasebroek, o, L, p. 11.

4) Sur ce personnage, cf. Pros. Imp, Rom., II, p. 285, no 175.

5) BGH, XXXIX, 1915. p. 260, n. 4 ; Chronologie des archontes athéniens sons VEmpire, p. 241. Pour le décret de 208/9, cf. ihid., pp. 236 sqq.

9488. Dédicace en l'honneur des filles de Ti. Cl. Subatianus Proculus. Il a été curatpr Atheniensium et Patrensium avant de devenir légat d'une légion, puis légat propréteur de Numidie sous Sévère, Caracalla et Géta. Il occupait déjà ces fonctions de gouverneur en 208 (1). A supposer quïl était legatus legionis l'année précédente, il aurait été curator jusqu'en 206, au plus tard, à Athènes et à Patras (2).

Claudius Subatianus a donc été le prédécesseur immédiat ou non (nous ignorons la durée des fonctions de curator (3) à cette époque) (4) de Licinius Télémachos, et la thèse qui veut que l'institution des biopOujTai ou des XoTicTiai soit devenue régulière à Athènes, sous Sévère, s'en trouve renforcée.

Comme inscriptions attiques relatives à Septime-Sévère, à Julia Domna et à ses fils, von Premerstein ne paraît connaître que le décret 10, III, 10 (= éd. min., 1077) et les deux dédicaces 537 (mention de Sévère et Domna) et 633 (meilleure copie, 'Ecp. dpx./ 1894, p. 183, liP 27) : cette dernière n'est pas, à proprement parler, en l'honneur de Sévère et de ses fils, mais de Fulvius Plautianus, préfet du prétoire (5). Il n'est pas non plus certain que la dédicace 537, incomplète en haut, soit bien au nom de l'empereur et de sa femme.

Nous connaissons cependant une série de documents qui concernent Sévère et sa famille ; ils ont échappé à von Premerstein, peut-être parce qu'ils ne figurent pas au Corpus (6).

1. E. Gardner, Inscriptions copied hy Cocher ell in Greece, Journ. Jiell. stud., 1885, VI, p. 148, n^ 20. La dédicace doit être d'Eleusis : d'ordinaire, Cockerell suit l'ordre géographique.

1) Pros. Imp. Rom., III, p. 277, no 682.

2) BGH, XXXIX, l. l.

3) Sur la différence entre les correctores (biopGiUTaî) et les curatores (Aoyicr^ Taî), cf. Beal-Enc, IV, p. 1650; 1806 sq. ; Dizion, epigr., II, p. 1244.

4) Plus tard, elles deviendront annuelles, Real-Enc, IV, p. 1810.

5) Sur ce personnage, cf. Real-Enc, Vil, p. 270, n» 101 ; Pros. Imp. Rom., II, p. 96, n° 379 ; Hasebroek, o. l, pp. 108 sq. ; 129 sqq.; 136 sqq.

6) Ils ne sont pas cités non plus par Platnauer, o. L, p. 209.

Or, les inscriptions qui précèdent et qui suivent celle-ci, sont d'Eleusis.

'louXiav Aôjuvav Ze^aaTr\v A. ZéTTTijuîou Zeouripou EùcrepoOç TTepTivaKOç ZePaaroO 'ApaPiKoO 'Ab[i]apr|viKoO YuvaÎKa Miirépa KdcTTpajv

f] TTÔXlÇ.

L. 2. Gardner lit A[e]. Je préfère A, car la copie de Cockerell donne A suivi de deux points et l'abré dation usuelle de Lucius est A, sans compter que la forme AeÙKioç n'est plus guère possible à cette époque.

La dédicace n'est pas antérieure au 14 avril 195, date ou Julia Domna prit le titre de Mater castrorum (1).

Elle se place sans doute avant 198, non seulement parce que le titre de Parthicus Maximiis n'est pas donné à Sévère (janvier 198) (2), mais aussi parce que Domna n'est pas qualifiée de Mater Augusti et castrorum comme elle l'est fréquemment depuis que Caracalla fut associé au trône (3) (janvier 198) (4), ni de Mater Caesaris, Mater senatus, Mater patriae, titres qu'elle prend entre 196 et 198 (o).

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