‹ Marbres et textes antiques d'époque impériale [microform]Chapitre 23 sur 32 · La famille du sophiste Isée · texte numérisé non relu

La famille du sophiste Isée

Il ne nous paraît pas possible d'admettre toutes les restitutions proposées, il y a longtemps déjà, par B. Keil, pour une très intéressante épigramme d'Eleusis ni d'accepter toujours l'interprétation qu'il en a donnée (2) :

MucTTiTroXoi Ari|ur|Tpoç, è|uoîô tiç îepr) è'o'TUJ Mvriiuocrùvri AricOç irap' dvaKTÔpuj' ouvojua juév |uo[i] [EùjveÎKr], TÎKiev bè 0à\eid |ue Kubriecraa TTaTpi cpiXtu KaWaiO'xpuJ aYotKXeî' toû b'âp ju[riTr|p] 5 EùveiKiT Tfiç b' auTe aaôcppujv iepô(p[avTiç] 'Hev an Eicraioio qpepuuvujuoç 'AvTo\î[ii0ev] EîcTibÔTri" TOÛ Kuboç d|uu|uov [è'Hoxov dWuuv] 'Priiripiuv TraTTiToç b'dp' èjueû TréXev — — ZduiXoç, ôç boioiaiv dbeXqpeioiç cppôve[i îoa] 10 Tuj |uèv dîT' aiYXrievTOç dvaKTÔpou iepo[(pdvTei]

rXauKUJ- dxdp Cocpiriç fiYrjTopi — xriv (b)è TTXdT[ujvoç] ApéijjaTO — , KaXXai'axpcu Trepiuuvùjuuj' où juèv è|Lieîo [TriX]oû a"uYKXr|TOio iréXei y^voç* dYXOÔ^ Tcip ^oi [nomen senatoris dveJipmbuJV eTTETai kXéoç Aùo'ovir|0ev.

1) GiANNBLLi (pp. 369 sqq.) a eu tort d'introduire dans sa liste le hiérophante qui initia Antonin. Les arguments invoqués par lui pour prouver que cet empereur a été initié ne sont pas convaincants. L'empereur qualifié d' 'AvTuuvtîvoç dans la dédicace BCH, XIX, 1895, p. 119, 1. 7, est très probablement Marc-Aurèle, qui est désigné de la même manière dans l' épigramme 'Eqp.àpx., 1885, p. 150, où il est question de son initiation et de celle de Commode. D'ailleurs, Giannelli ne semble pas avoir connaissance de l'article où VON Prbmerstjsin (iCZto, XII, 1912, pp. 150 sqq.) identifie, comme Philios, l'invasion des Sarmates dont il est question dans la dédicace BCH, l. L, avec celle des Costoboques, qu'il faut placer en 170.

2) 'Eqp. dpx-, 1883, p. 142, no 16. B. Keil, Hermès, XX, pp. 625 sq. Nous nous sommes également occupé déjà de cette épigramme dans notre Chronologie des archontes athéniens sous VEmpire, pp. 232 sqq.

Les vv. 6 et 7 doivent sans doute être restitués comme suit :

'Hev an Eîaaioio cpepujvujuoç 'AvToM[r|ç Te] EicibÔTiT Toû Kuboç d|uù)Liov[oç 'Abpiavoîo] *Pr|Tr|puJv(')

La forme 'AvTo\i[nOev], qui correspond, il est vrai à Aucrovir|Oev du dernier vers, n'est pas connue par ailleurs : le poète, confirmant ce que nous savons par Philostrate (2), affirme qu'Isidotè était orientale : le sophiste Isée, originaire d'Assyrie, dont il est question ici était du reste non le père mais le grand-père d'Isidoté. L'auteur de l'épigramme tire, en outre, comme l'avait vu Keil, le nom d'Isée de celui d'Isis, par une étymologie d'ailleurs inadmissible.

C'est une autre épigramme (3) d'Eleusis qui nous a fait connaître le degré exact de parenté existant entre ce sophiste et Isidotè et qui nous fournit aussi nos deux restitutions nouvelles :

V. 3 'EWdboç eupuxopou TrpujTOV t^voç 'AvToXiriç xe, "EfTovov EîcTaîou toû (Jocpiaiç uTrdTOu, "Oç bY\ Kcxi pao'iXfjoç djuùjuovoç 'Abpiavoîo Mouadujv àYctOriv eîxe bibaOKaXîriv.

Tous ceux qui se sont occupés d'Isée et d'Hadrien semblent ignorer le détail intéressant que les deux épigrammes d'Eleusis nous font connaître concernant les rapports du sophiste et de l'empereur (4).

1) Il est à peine besoin d'ajouter que ce double génitif dépendant de kO&oç est une construction bien grecque qui peut s'autoriser de nombreux exemples (PiND., Isthm., V, 79 ; Soph.,^/., 54,617; Oed. Col, 729 ; Eubip., Andr., 148 ; Sup., 55, etc.

2) Vit. Soph., I, 20, 1.

3) 'Ecp. dpx-, 1885, p. 149, no 26.

4) Cf. en dernier lieu Christ, Gr. Litteraturgesch., II, 2^, p. 350 et 534, n. 7 (dans la 6^ éd. du vol. II, 1 [1920], p. 457, Isée n'est cité qu'en passant) ; Thalheim, Real-Enc, IX, p. 2052, nP 2. Ce détail n'est pas non plus

• mentionné dans la vie d'Isée de Philostrate, Vit. soph., I, 20. Il a encore échappé à W. O. Gbay, A Study of the Life of Hadrianits prier to his accession, Smith Collège Stvdies in History, 1919,

Nous avons déjà complété ailleurs là généalogie plusieurs fois dressée (1) de cette famille et avons reconnu dans le Kallaischros (I), trère de Zôïlos, celui que Philostrate cite au nombre tijùv è\\oYi)uiJuç (pi\oo"ocpr|0"dvTiJUv (2). Ce Kallaischros, disciple de Chrestos, le meilleur élève d'Hérode Atticus, dut vivre vers la fin du 11"^® siècle ou le commencement du III"*'^.

Son fils Dryantianos (II), fut éphèbe en 212, ou peu après (3) et ne peut guère être identifié avec le personnage du même nom, archonte du ïévoç des Eumolpides, sous l'archontat d'Arabianos (4), qui semble être antérieur à la constitution de Caracalla, de 212, à en juger par l'onomastique du catalogue de prytanes daté de cet archonte (5). Ce Dryantianos (I) serait probablemerft le grand-père maternel de F éphèbe, qui porte d'ailleurs le prédicatde KpotTiOTOç (IG, III, 1177, 1. 3), quin'est pas donné à Dryantianos (I) (6).

Pour les vv. 9 à 12 nous avons déjà proposé de substituer cppové[iuv eu] à (ppôve[i îo"a] et îepo[(pqiVTeîv] à iepo[qpdvTei] et de lire Tr|v Te TrXaT[eiav] sans corriger le en bé : rrXaTeîa désignerait le laticlave que Zôïlos aurait obtenu pour l'un de ses frères (7). Et la mention de son introduction dans l'ordre sénatorial, confirmée par ouy^Xiitoio du v. 13, rendrait inutile la restitution du nom d'un sénateur au v. 14. Ces cousins, issus de germains, d'Euneikè seraient les descendants de Kallaischros. Devant [àvejipiabujv, il faudrait suppléer une épithète

{\) Chronologie des archontes athéniens sous F Empire, p. 232; cf. 'Eqp. àpx., 1883, p. 142, no 16; Kbtl, Hermès,, XX, p. 626; Tobpffer, Att. Généalogie, p. 317, 3.

2) Vit. Soph., II, 11.

4) laiI-III, éd. min., 1078 = SIG\ 885.

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