KOnPIA
(PI. IV, fig. 6).
Le petit bas-relief de pierre calcaire, trouvé en Egypte, qui porte le n° 74 du Catalogue de Cumont (p. 94), représente, étendue sur une couche, la jeune Kopria, morte à l'âge de 18 ans. L'animal accroupi aux pieds de la morte serait son chien, d'après l'éditeur. Je n'en crois rien : cet animal au museau pointu, aux oreilles droite-}, est sans doute le chacal d'Anubis (1), le dieu des morts et le gardien des tombeaux, si fréquemment représenté sur les stèles funéraires de femmes grecques d'Egypte pareillement étendues sur un lit (2). C'est le dieu psychopompe qui guidera sans doute la barque funèbre dont Kopria tient le gouvernail qu'on a pris pour celui de ïyché.
De même, le nom de la défunte a sûrement été mal interprété (3) : « KoTTpîa, — qui doit être dérivé non de KÔTrpoç (ordure), mais d'un nom géographique (Kôirpoç est un dème de l'Attique) — se retrouve porté par une femme, par exemple, CIG, 5712». Je ne sais si l'on connaît, en Egypte, d'autres personnages, hommes ou femmes, portant des noms dérivés de dèmes attiques.Par contre, dans l'Orient grec et notamment en Egypte, les noms propres tirés du mot qui signifie ordure sont fréquents, et non pas seulement chez les chrétiens, dont ils expriment les sentiments d'humilité. Pour les païens, plusieurs noms issus, comme KoTrpia, de la racine Kôirpoç, rappellent qu'ils ont été recueillis sur les tas d'immondices où les parents exposaient les enfants qu'ils renonçaient à élever (4).
Kopria appartenait donc sans doute à la classe des OpeiiTOi, qui liberi nati, expositi, deinde sublati a quihusdam et in servitute educati sunt, comme les définit Trajan (5), dans sa réponse
(1) Même si c'était un chien, il faudrait cependant l'identifier avec Anubis qui est aussi représenté sous la forme de cet aninip.l (E. Meyer, Zeitschr. f. Aegypt. Sprache, XLI, 1904, pp. 97 sqq.).
(2) Edgak, Cat des ant. ég. Musée du Caire, GreeJc sculpture, p. 36, 27532, pi. XXIV; 38,27538, pi. XX; 40, 27542, pi. XXI; 41, 27544 et 27545, pi. XXI ; 48, 27621, pi. XXIII. V. Schmidt, Olijpt. Ntj Garlsberg, Choix de mon. égypt., 11^ série, pi. XXXIX, fig. 99, etc.
(3) C'est ce qu'à vxi Perdrizet, Rev. des Et. anciennes, 1921, p. 86 sq.
(4) Ihid., pp. 85 sqq.
(5) Plin., Epist., X, 66.
à Pline sur la condition de ces GpeTTToî, qui donnait, sous l'Empire, matière à de nombreuses contestations entre les parents et ceux qui recueillaient les enfants exposés (1).