Eusèbe, H. /?.,VI, xliii, 3 et suiv
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valu, on l'écrit souvent en caractères grecs; des mots grecs prononcés à la façon iotaciste, qui était celle du peuple en Orient1,, restent comme des marques d'origine*. Un seul pays avait réellement une Église parlant latin, c'était l'Afrique*. Nous avons vu Minucius Félix ouvrir la littérature latine chrétienne par un chef-d'œuvre4. Tertullien, dans vingt ans*, après avoir hésité entre la langue grecque et la langue latine pour la composition de ses
4. Kyrie eleison imas, ischyros, athanatos, etc., office du vendredi saint.
2. Voir Caspari, Qmllen zur Gesch. des Taufsymbols und der Glaubensregel, t. III (Christiania, 4 875), p. 267-466.
3. Dans les écoles de Carthage, on enseignai surtout le grec. Apulée, né à Madaure, et qui avait fait ses études à Carthage et à Athènes, ne savait pas encore le latin quand il vint à Rome. Métam.y 1. ï, ch i. Voir aussi son Apologie, 92
4. Selon certains, l'écrit dont nous possédons un fragment connu sous le nom de Canon de Muratori aurait été écrit primitivement en latin. Il nous paraît probable que l'original était grec. En effet, cet original fut essentiellement un ouvrage romain, écrit à Rome vers 480. Or, à Rome, a cette époque, les chrétiens écrivaient en grec. Les africanismes du texte, s'il y en a, s'expliqueraient par la supposition que le morceau fut traduit en Afrique, peu après sa composition.
5. L'Apologétique, le premier ouvrage de Tertullien, est de l'an 4 97, 4 98 ou 499. Voir Bonwetsch, Die Schriften Tertullians, nach der Zeit ihrer Abfassung (Bonn, 4878); cf. Zeilschrift fur K. G., II (1878), p. 572 et suiv.? Keim, Ans dem Urchristentlium, p. 194-4 98 (Zurch, 4 878); Aube, Revue hist., t. XI (4 879), p. 272 et suiv.
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écrits1, préférera heureusement la seconde, et présentera le phénomène littéraire le plus étrange : un mélange inouï de talent, de fausseté d'esprit, d'éloquence et de mauvais goût ; grand écrivain, si l'on admet que sacrifier toute grammaire et toute correction à l'effet soit bien écrire. Enfin l'Afrique donnera au monde un livre fondamental, la Bible latine. Une au moins des premières traductions latines de l'Ancien et du Nouveau Testament a été faite en Afrique2 ; le texte latin de la messe, des parties capitales de la liturgie, paraissent également d'origine africaine. La lingua volgata d'Afrique8 contribua ainsi dans une large part à la formation de la langue ecclésiastique de l'Occident, et ainsi elle exerça une influence décisive sur nos langues mo-
4 . De corona,G; De virgin. vel., 4 ; De bapt., 45. Je crois que l'original des Actes des martyrs scillitains, qui sont de l'an 180, était en grec. (Acyllinus en certains manuscrits pour Aquilinus. Lœtantius pour KaiXeanvo;, xai ayant été pris pour la copule.) Usener, Actamart. Scylit. grœce, Bonn, 4 884 ; Aube, Étude sur un nouveau texte des Actes des martyrs scillitains, Paris, 1 884 .
2. Voir les éditions et travaux de Vercellone, Rœnsch, Ueusch, Ziegler, E. Ranke, surtout Ziegler, Die lalein. Bibelùbersetz.vor Hieronymus, Munich, 4879. Le Codex Lugdunensis, récemment publié par M. Ulysse Robert (Paris, 4 884), contient une version qui paraît africaine. Voir p. cxxv et suiv., cxli et suiv.
3. Se rappeler certaines inscriptions (par exemple Guérin, Voy.en Tun., I, p. 289, 343 et suiv.); les rapprocher de Commodien et du Canon de Muratori.
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dernes. Mais il résulta de là une autre conséquence ; c'est que les textes fondamentaux de la littérature latine chrétienne furent écrits dans une langue que les lettrés d'Italie trouvèrent barbare et corrompue, ce qui plus tard donna occasion de la part des rhéteurs à des objections et à des épigrammes sans fin1.
De Carthage, le christianisme rayonna puissamment en Numidie et en Mauritanie*. Girta produisait les adversaires et les défenseurs les plus ardents de la foi en Jésus s. Une ville perdue au fond de la province d'Afrique, Scillium 4, à cinquante lieues de Garthage, fournit, quelques mois après la mort de Marc-Aurèle8, un groupe de douze martyrs, conduits par un certain Speratus, qui montra une fermeté inébranlable, tint tête au proconsul et ouvrit glorieusement la série des martyrs africains \