‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 427 sur 436 · Lactance, Div. inst., V · texte numérisé non relu

Lactance, Div. inst., V

b. De Rossi, Bull., 4 866, p. 23, 35 et suiv.; Tert., Ad ux., 11,8; Philos., IX, 44.

cles, certains affranchis épouser des dames nobles, des feminœ clarissimœ.

Gomme il est naturel de le supposer, le maître chrétien amenait le plus souvent ses esclaves à la foi, sans y mettre pourtant une indiscrétion qui eût peuplé l'Église de sujets indignes1. C'était une bonne action d'aller au marché à esclaves et, en se laissant guider par la grâce, de choisir quelque pauvre corps à vendre pour lui assurer le salut. « Acheter un esclave, c'est gagner une âme » 2 devint un proverbe courant. Un genre de prosélytisme, plus ordinaire et plus légitime encore, consistait à recueillir les enfants trouvés, qui devenaient alors alumni chrétiens8. Parfois, certaines Églises rachetaient à leurs frais un de leurs membres de condition servile. Gela excitait fort les désirs des malheureux moins favorisés. Les docteurs orthodoxes n'encourageaient pas ces dangereuses prétentions : « Qu'ils continuent de servir pour la gloire de Dieu, afin qu'ils obtien-

4. Voir Tertullien, De idol., 17; concile d'Elvire, can. 41; Constit. apost., VIII, 32 (Lagarde, Reliquiœ, p. 87). Notez l'épisode de Carpophore et Calliste, Philos., IX, 12.

2. Constit. apost., II, 62. Sw^â-nov wpîccaôat xoù <J>i>xyiv rcept- 77GHÔoaa6«i. Cf. ibid., IV, 9.

3. Ce mot est fréquent dans les inscriptions. Le Blant, 1, p. 126, 409-411 ; de Rossi, Bull., 1866, p. 24-25. Cf. Tertullien, Apol., 9, 42. Notez aussi les noms de Projectits, Projecticius.

nent de Dieu une liberté bien meilleure1. » L'esclave ou plutôt l'affranchi arrivait aux plus importantes fonctions ecclésiastiques, pourvu que son patron ou son maître n'y fît pas d'opposition \

Ce que le christianisme a fondé, c'est l'égalité devant Dieu. Clément d'Alexandrie3, Jean Chrysostome surtout4 ne manquent jamais une occasion de consoler l'esclave, de le proclamer frère de l'homme libre et aussi noble que lui, s'il accepte son état et sert pour Dieu, volontiers et de cœur. Dans sa liturgie, l'Église a une prière « pour ceux qui peinent dans l'amer esclavage5 ». Déjà le judaïsme avait professé sur le même sujet des maximes relativement humaines6. Il avait ouvert aussi large que possible la porte des affranchissements7. L'esclavage entre Hébreux était

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