‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 96 sur 436 · No{AtÇo(xevpi-vo|*oi · texte numérisé non relu

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2. Eusèbe, IV, xxiv, 1 ; Clém. d'Alex., EcL ex scri^.proph., 56; Tertullien, traité In Hermogenem entier; Prœscr., 30; De monog.A 46; De anima, 1,4; Théodoret, I, 49; Philastre, 53; Pseudo-Aug., 44.

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Markos1, dont les disciples s'appelaient markosiens2, sortit, au contraire, de l'école de Basilide. Les formules sur la tétrade^ qu'il prétendait lui avoir été révélées par une femme céleste, qui n'était autre que Sigô elle-même, eussent été inoffensives s'il n'y eût joint la magie, des prestiges de thaumaturge, des philtres, des arts coupables pour séduire les femmes. Il inventa des sacrements particuliers, des rites, des onctions et surtout une sorte de messe à son usage, qui pouvait être assez imposante, quoiqu'il s'y mêlât des tours de passe-passe analogues aux miracles de saint Janvier. Il prétendait, par la vertu d'une certaine formule, changer réellement l'eau en sang dans le calice. Au moyen d'une poudre, il donnait à l'eau une couleur rougeâtre. Il faisait faire la consécration par une femme sur un petit calice ; puis il versait l'eau du petit calice dans un plus grand qu'il

4. Saint Justin, Dial., 35 (douteux); Canon de Muratoiï, igné 82 (douteux); Irénée, I, ch. 4 3 et suivants; Tertullien (ut fertur), Prœscr., 50; Pseudo-Aug., 44; Épiph., Hœr., xxxiv; Théodoret, I, 4 4 ; Philosopha VI, 39 et suiv. Les archontiques d'Épiphane et de Théodoret sont une branche des markosiens. Le livre des Mystères des lettres grecques, conservé en copte, paraît un traité markosien.

2. Cette dérivation irrégulière vient peut-être d'une forme sémitique markosi (comme èpicurosi, boëthusi, etc.). Opposez Mapxtavot dans saint Justin (Dial., 35, édit. Otto).

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tenait, en prononçant ces paroles : « Que la grâce infinie et ineffable qui est avant toute chose remplisse ton être intérieur et augmente en toi sa gnose, répandant le grain de sénevé en bonne terre. » Le liquide se dilatait alors, sans doute par suite de quelque réaction chimique, et débordait de la grande coupe. La pauvre femme était stupéfaite, et tous étaient frappés d'admiration *.

L'Eglise de Markos n'était pas seulement un nid d'impostures. Elle passa aussi pour une école de débauche et de secrètes infamies. On s'exagéra peutêtre ce caractère parce que, dans le culte markosien, les femmes pontifiaient, offraient l'Eucharistie. Plusieurs dames chrétiennes, dit-on, se laissèrent séduire; elles entraient sous la direction du sophiste et n'en sortaient que baignées de larmes. Markos flattait leur vanité, leur tenait un langage d'une mysticité équivoque, triomphait de leur timidité, leur apprenait à prophétiser, abusait d'elles; puis, quand elles étaient fatiguées, ruinées, elles revenaient à P Église, confessaient leur faute et se vouaient à la pénitence, pleurant et gémissant du malheur qui leur était arrivé2. L'épidémie de Markos désolait principalement les Églises d'Asie. L'espèce de courant qui

*. Philos., VI, 40.

i. Irénée, I, c. xih. Comp. I, vi, 3.

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existait entre l'Asie et Lyon amena cet homme dangereux sur les bords du Rhône *. Nous l'y verrons faire beaucoup de dupes; d'affreux scandales éclateront à son arrivée dans cette Eglise de saints.

Colarbase, selon certains récits, se rapprochait beaucoup de Markos * ; mais on doute si c'est là le nom d'un personnage réel. On l'explique par Col arba ou Qâl arba, expression sémitique de la tétrade markosienne. Le secret de ces énigmes bizarres nous échappera probablement toujours.

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