‹ Marcel (volume 2)Chapitre 106 sur 128 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

vit une bravade dans celle affectation de sang-froid, et sentit la colère le gagner.

Il chercha cependant à rester maître de lui et commença de la sorte :

— M. Marcel est venu hier vous faire une visite?

~ Oui, monsieur, répondit résolument la comtesse -

— Doit-il revenir?

— Je l'espère.

— Vous a-t-il dit s'il coitiptait faire un long séjour à Paris?

— Mais c'est tout un interrogatoire que vous me faites subir là, monsieur le comte. Songeriez-vous par hasard ;'» devenir juge d'instruction?

Le comte se mordit les lèvres.

— Vous n'avez pas répondu à ma question, madame, reprit-il avec un calme forcé.

— Je trouve , monsieur, que c'est déjà bien assez de vous rendie compte de ma conduite, sans être obligée de vous édifier sur les affaires d'autrui. '^'

— C'est que les affaires de M. Marcel sont un peu les nôtres, madame.

— En quoi, s'il vous plaît?

— En ce qu'il est venu à Paris pour vous, et rien que pour vous.

— Permeltez-moi de vous dire, monsieur le comte , que je ne comprends pas ce besoin de questionner les gens lorsqu'on en sait plus qu'eux.

— Ah ! vous ignoriez le motif de ce voyage?

— Jusqu'à présent , et je vous remercie de me l'avoir appris.

— Très-bien. Et sans doute je vous étonnerai beaucoup aussi en vous disant que M. iMarcel est amoureux de vous?

— Pas du tout. Une femme ne s'étonne jamais de ces choses-là.

Le comte vit qu'il ne gagnerait rien à cette guerre de tirailleurs, et jugea à propos de changer de manœuvre. L'intimidation ne lui ayant pas réussi, il ne lui restait plus à employer que la persuasion ou la

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