‹ Marcel (volume 2)Chapitre 108 sur 128 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

— Vous paraît-elle vraiment nécessaire?

— Indispensable.

— Je regrette alors vivement qu'elle me paraisse, à moi, impossible.

— Impossible?

— Absolument. Je ne puis aliéner ainsi ma liberté et me taire l'esclave de vos caprices.

— Mais ce n'est pas de cela qu'il est question , ma chère, répliqua le comte avec impatience : il ne s'agit ici ni de liberté ni d'esclavage.

— De quoi s'agit-il donc alors? Voyons; cessons de jouer sur les mots et expliquonsnous nettement : qu'est-ce que vous voulez?

La question était précise ; le comte commit la faute d'y répondre directement.

— Je veux , puisqu'il faut vous le dire en toutes lettres, je veux que vous ne receviez plus M. Marcel.

La comtesse avait réussi à se faire opprimer : elle tenait son prétexte de résistance; elle ne le lâcha pas.

ni MARCEL.

— Ah! vous voulez? reprit-elle en appuyant sur le mot; je ne m'étais pas trompée : monsieur le comte veut; il n'y a plus qu'à obéir !

— Mais, madame, c'est vous qui me forcez à en venir là.

— C'est moi qui vous force à me tyranniser? Voilà qui est plaisant et nouveau!

— Enfin, madame, prenez-le comme il vous plaira ! s'écria le comte exaspéré : ordre ou prière, il importe peu!

— Pour vous peut-être, mais non pour moi : j'aurais pu me rendre à une prière; je ne sais pas céder à un ordre.

— Il faudra pourtant bien, madame, que vous teniez compte de ma volonté, quelle qu'en soit l'expression ; je vous ferai voir, s'il le faut, que je suis maître chez moi.

— Vous auriez pu dire au moins chez nous, monsieur; si je ne me trompe, je suis ici dans la maison de mon père , et je ne reconnais à personne le droit de m'empêcher d'y recevoir qui bon me semble.

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