TROISIEME PARTIE
guerre avec la société : iin <îclat, fàcheiix pour moi, j'en conviens, serait terrible pour vous. Je suis convaincu que vous ne vous perdrez pas de cœur, et je prends vos menaces pour ce qu'elles valent : je persiste
donc dans ma résolution.
— Et moi dans mon refus.
— Prenez garde : vous pourriez me forcer k des mesures pénibles, madame!
— N'allez-vous pas recourir à là rbrce armée, ou me livrer aux tribunaux? '
— Non, madame ; maïs votre résistance, si elle se prolongeait, me mettrait dans la nécessité de divulguer nos dissensions.
— Comment cela??'^ ' " ■
— En donnant à nos gens les ordres que vous ne consentiriez pas à leur donner vousmême.
— Je serais curieuse de voir cela.
— Votre curiosité sera satisfaite. ,
Le comte sonna; la comtesse le regarda faire sans dir un mot. 3.
— Voilà le valet de chambre qui s'appro-
che, reprit le comte au bout d'un instant ; cédez, ou jo parle!
— Je vous en défie.
— Ah ! vous me poussez à bout : tant pis pour vous !
Le valet de chambre venait d'entrer.
— Frédéric, lui dit le comte, toutes les fois que M. Marcel Dugué se présentera à l'hôtel, on lui refusera la porte. Transmettez cet ordre aux valets de pied , et veillez à son exécution ; je vous en rends responsable.
— Frédéric, dit à son tour la comtesse d'une voix aussi impérieuse que celle de son mari , si quelqu'un de ma maison ose refuser la porte h M. Marcel Dugué , je le chasse !
Le domestique, confondu, regardait tonr à tour son maître et sa maîtresse, ne sachant que faire. Dans ce moment, une heure sonna, et Marcel entra précédé de la femme de chambre, qui avait ordre de l'introduire.