‹ Marcel (volume 2)Chapitre 111 sur 128 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

II. n'avait pas encore eu le temps de saîuer, quand le comte lui dit : ,1

— Je suis désolé , monsieur, que vous arriviez dans un pareil moment; j'aurais voulu pour tout au monde n'être pas obligé de vous dire moi-même que vous êtes de trop ici.

L'antipathie de Marcel contre le comte s'était changée en haine depuis le moment où il s'était vu supplanté par lui/; ce nouvel outrage mit le comble à sa colèrq, que la prompte intervention de la comtesse empêcha seule d'éclater.

— Veuillez croire, monsieur, s'empressi^t-elle de dire au jeune homme, que je ne suis pour rien dans l'indigne traitement dont vous êtes l'objet : je proteste de toutes mes forces contre l'ingratitude et la brutalité d'un pareil procédé; je n'ai rien oublié de ce -que je vous dois, et vous pourrez toujours compter sur ma reconnaissance, mon estime et uion amitié.

— Je vous remercie, madame, répondit

Marcel, du témoignage que vous voulez bien me rendre ; mais je n'en dois pas moins demander compte à monsieur de sa conduite envers moi, et je ne sortirai pas d'ici avant qu'il m'ait demandé pardon ou promis réparation de son insolence.

— Mon cher monsieur, reparti! le comte avec un dédaigneux sourire, je ne demande jamais pardon qu'aux femmes et ne me bats qu'avec les hommes; quant aux enfants, je ne tais que leur donner des leçons quand ils ne sont pas sages et les renvoyer quand ils font du bruit : retirez-vous donc, si vous ne voulez pas que je vous mette à la porto.

— Me mettre h la porte , vous ! s'écria Marcel pâle de colère : venez-y donc!

— A l'instant même. ' Une fois engagé dans une pareille voie,

il fallait aller jusqu'au bout. Le comt(; ne voulut pas avoir le démenti de sa fanfaronnade, et s'avança vers Marcel, comptant l'effrayer ou du moins en venir facilement à bout'. La comtesse, éperdue, se précipita

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