‹ Marcel (volume 2)Chapitre 114 sur 128 · TROISIÈME PARTIE. 2SS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 2SS

Te battre, à ton âge ! — Il est vrai que moi j'ai eu mon premier duel à dix-sept ans, et me voilà. — Mais dans ce temps-là, c'était différent. — ÏJn coup de poing, ça vaut presque un soufflet. C'est très-grave. — Décidément je ne peux pas te laisser battre avec ce géant. Qu'est-ce que dirait ta mère?

— Ah ! commandant ! dit Marcel attendri, ne parlons pas d'elle.

— C'est juste, c'est juste; mais, écoute, veux-tu me faire un plaisir?

— De quoi s'agit-il, comiuandant?

— Laisse-moi régler cela à ta place, hein ? Je te promets de t'en rendre compte, de ce grand monsieur ; il verra ce que c'est qu'un officier de l'empire.

— Vous battre à ma place, commandant?

vous voulez donc me déshonorer?

— Pardon, mon gars; c'est une distraction. Tu te battras, puisqu'il le faut, à moins pourtant que l'affaire ne puisse s'arrangci*.

— Il n'y a pas d'arrangement possible , commandant; il faut que je lue le comte.

— Ah ! bah ! après tout lu as raison. Le vin est versé, il faut le boire. Tu es jeune, vigoureux, atlroit, brave, la chance est pour toi. N'en parlons plus et attendons nos adversaires de pied ferme.

M. Jacquin alla voir un ancien chirurgienmajor de ses amis, et le pria de servir avec lui de témoin dans l'affaire. Entre militaires, ces sortes de services ne se refusent pas. Quand les amis du comte se présentèrent le lendemain chez Marcel , ils y trouvèrent les deux vieux officiers qui les attendaient. On passa dans l'appartement de M. Jacquin, et l'on tint conférence. La discussion ne pouvait être longue. Les lémoins de Marcel ne voulurent pas entendre parler d'excuses ; il ne restait donc plus qu'à régler les conditions du combat. Ce droit appartenait irop évidenunent aux témoins du comte pour qu'il lût possible de le leur disputer. Ils arrangèrent donc les choses comme h^ désirait leur ami : quinze pas à marcher pour chaque combattant , dix

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