TROISIÈME PARTIE
pas de séparation aux limites, un seul coup de pistolet à tirer. Ces clauses prouvaient, du reste, autant de modération que de fermeté, et furent acceptées sans conteste.
M. Jacquin ne désirait qu'une solution honorable à cette querelle , et fut enchanté de voir le danger réduit à ses moindres proportions. On se sépara après s'être donné rendez -vous pour le lendemain matin. '
M. Jacquin fit part des dispositions prises à Marcel, qui écouta le détail avec calme et en silence.
— Tu n'as pas d'observations à faire?
demanda ensuite le grognard.
— Rien que des remercîments , commandant, répondit Marcel.
Et il serra avec effusion les mains de son vieil ami.
— Et nous sommes bons là, rf prit celuici en regardant le jeune homme en face.
— Soyez tranquille, commj mdant , je vous réponds de tuer le comte»,
(w'tyl ^ ^^ bonne heure ! j'aime les jeuûes gens qui ne doutent de rien. Tout leur réussit. Cependant , comme disait l'empereur, il ne faut rien négliger pour mettre la fortunjB de son côté. Nous irons tout à l'heure l'aire un tour chez Lepage pour nous renouveler la main. Ça n^e fera plaisir h moi de retourner au tir. Ça me rappellera ma jeuneSfSe, Hé! hé! garçon, —maintenant déjeunons. En campagne, il ne faut pas négliger les A'ivres.
M. Jacquin avait toutes les qualités qui font les bons témoins : dévouement, expérience , fermeté. 11 savait que, le duel une fois décidé , on ne doit plus songer qu'à encourager l'ami qui se bat et à lui mettre, suivant l'énergique expression des troupiers, le feu dans le yentre. U aÛeclait donc une tranquillité qu'il était loin de ressentir, et prenait à tâche de montrer sa gaieté «les meilleurs jours. Ses efl'orts étaient du .reste inutiles. L'intrépidité naturelle du jeune homme trouvait une excitation, suffi-