‹ Marcel (volume 2)Chapitre 118 sur 128 · TROISIÈME PARTIE. â · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. â

t» rentres avant moi à l'hôtel, attends-moi,' nous causerons.

Et il s'en alla. L'armurier ouvrit une porte vitrée que recouvrait un rideau de serge verte. Marcel entra et se trouva en présence d'Agathe.

Après la scène violente qui avait eu lieu dans sa chambre, elle n'avait osé ni parler au jeune homme , ni faire demander son adresse. Mais aussitôt qu'elle eut appris le départ du comte, elle était descendue ellemême chez le concierge. Le comte avait déchiré et emporté la feuilie sur laquelle avait écrit Marcel. Le concierge n'avait pas lu et ne savait rien. La comtesse prit un fiacre et alla dans toutes les entreprises de messageries chercher des renseignements.

Mais les places avaient été marquées sous le nom de M. Jacquin , dont la comtesse ignorait l'arrivée, et dont elle ne pensa par conséquent pas à s'informer. Elle ne put donc ri<jn apprendre. Elle ne se découragea pas et alla à la préfecture de police ,

OÙ on lui promit l'adresse de Marcel pour le lendemain matin , et au cas seulement où il demeurerait dans une maison garnie. Quelque instance (pi'elle mît auprès des chefs, quelques promesses qu'elle fit aux agents, auxquels elle voulut parler ellemême, elle ne put obtenir davantage. Elle passa la nuit et une partie de la matinée dans une agitation terrible. Enfin on lui enseigna la demeure du jeune homme. Elle y courut. Il était sorti quand elle arriva. A force de questions, elle finit par tirer du domestique le nom de Lepage , qu'il avait entendu pendant le déjeuner. Elle se fit aussitôt conduire au tir, où elle vit de loin entrer Marcel. Elle y entra h sa suite ; mais en ouvrant la porte de la salle , elle aperçut le comte et se retira vivement. Elle demanda un asile à la maîtresse de rétablissement, qui, accoutumée à voir souvent se jouer des scènes de tragédie dont elle ne connaissait ni le commencement ni la fin, se prêta à son désir et la cacha dans la

Page 1