DEUXIÈME PARTI K
s'élever du milieu (les flots et m'appelor en gémissant, et j^ai besoin de toute ma force pour résister au vertige qui me pousse vers l'abîme.
— Mais, répliqua le jeune homme en prenant la main de son ami, permettez-moi de vous dire, quoique je ne sois qu'un enfant, que vous vous exagérez votre faute, et que vous appelez crime ce qui ne fut que faiblesse. Vous avez été plus malheureux que^ coupable. '»«
^ — Non! non ! s'écda l'abbé Pascal en retirant vivement sa main. Pas de lâches transactions avec la conscience ; {)as de paroles menteuses pour couvrir les mauvaises actions! Ce n'est qu'en exerçant la justice vis-à-vis de nous-mêmes que nous pourrons ' mériter la miséricorde de Dieu. Si ma mère ^ est morte dans la douleur, dans l'abandon, dans le dénûment, c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très-grande faute!
En parlant ainsi, il se frappait la poitrine • avec violence, connue un p<''iii!(Mit di\s au-
ciens jours. Il semblait avoir tout oublié dans l'exaltation de son repentir. Bientôt pourtant il se calma, et, se tournant vers Marcel :
— Mais ce n'est pas de moi, dit-il, qu'il s'agit à cette heure. C'est pour vous, pour votre instruction, pour votre salut, que je vous ai raconté cette douloureuse histoire. Maintenant que vous la connaissez, maintenant que vous savez où mènent les amours illicites, profilez de mon exemple. Ayez pitié de vous-même, comme vous aviez tout à l'heure pitié de moi, et renoncez à cette folle passion qui vous perdrait, mon enfant, comme la mienne m'a perdu.
Marcel ne répondit rien. Ramené au souvenir de sa propre situation, il sentait se réveiller toute son agitation antérieure. Il comprenait quelle autorité donnait à l'abbé Pascal son expérience personnelle, et cependant il ne voulait pas lui obéir. Il chercha un faux-fuyant pour déguiser sa résistance.
— Oh! oui, reprit-il comme s'il n^ût pas