‹ Marcel (volume 2)Chapitre 20 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE. m · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. m

Je VOUS comme il se défie maintenant de moi, ce serait un grand malheur. Personne ne conserverait plus sur lui l'autorité de l'amitié ; personne n'aurait plus le droit de lui faire entendre, en temps opportun, le langage du devoir; et si une occasion favorable, qu'il faut attendre sans Fespérer, venait à se présenter, if ne nous resterait plus aucun moyen d'en profiter.

Le commandant se rendit à l'évidence de ce raisonnement, et renonça, non sans regret, à essayer sur Marcel le pouvoir de son éloquence.

Cependant le jeune homme était arrive près de la comtesse, doublement agité par la violence de ses émotions et par la rapidité de sa course. Elle devina du premier coup d'œil ce qui venait de se passer, mais elle Se garda bien de laisser rien paraître (le ses soupçons, et, jouant la surprise, elle lui demanda avec intérêt la cause de son trouble. Après une longue hésitation, Marcel céda à ses instances, et lui raconta toute

sa conversation avec l'abbé Pascal. Il s'arrêtait h chaque instant, retenu tantôt par la crainte de blesser la comtesse, tantôt par le désir de l'entendre se justifier. Mais elle semblait n'éprouver ni honte ni colère, et chaque fois qu'il s'arrêtait, elle l'engageait vivement à continuer.

— Ensuite ! ensuite ! disait-elle toujours avec une sorte d'impatience.

Quand il eut achevé :

— Est-ce tout? fit-elle en attachant sur Marcel un regard scrutateur.

Il ne répondit que par une inclination de tète.

— Eh bien , reprit-elle avec un sourire dédaigneux, que vous disais je? N'avais-je pas raison de vous prédire que ce prêtre vous parlerait mal de moi ? Et où en serionsnous si vous n'aviez pas eu la loyauté de tenir votre promesse et de me répéter ses odieuses paroles?

— Il n'y avait pas besoin du serment, dit Marcel avec exaltiition : croyez- vous que

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