DEUXIEME PARTIE
mes comme on en verse si pen et qui sont votre ouvrage; ce sont des larmes de reconnaissance, de bonheur et d'amour.
~ D'amour ! répéta le jeime homme avec transport.
Et, plein d'une folle ivresse, il embrassa les genoux de la comtesse, qui ne se défendait pas.
En ce moment une voiture roula avec le bruit du tonnerre sous la voûte du château.
— Qu'est cela? dit Agathe en se levant précipitamment et en courant vers la porte.
Avant de l'ouvrir, elle jeta un regard en arrière et vit Marcel encore à genoux.
— Levez-vous ! fit-elle avec vivacité : vous n'entendez donc pas? on peut venir.
Marcel obéit machinalement ; au même instant on frappa à la porte.
— Entrez, dit la comtesse avec calme.
— Madame, dit Joséphine, la femme de chambre, en ou\Tani rapidement la porte, c'est M. le comte.
'— Mon mari! s'écria la comtesse, qui ne
put au premier moment déguiser son étonnement.
— Votre mari ! répéta Marcel stupéfait.
— Madame, dit la femme de chambre en désignant Marcel d'un coup d'œil, reconduirai-je monsieur par l'autre escalier?
..f— Pourquoi cela, s'il vous plaît, ma chère? répondit la comtesse d'un ton dédaigneux : allez plutôt voir si vous ne vous êtespas trompée en m'annonçantM.le comte de Barjols; et, si c'est en effet lui qui me fait cette agréable surprise , montrez-lui le chemin : allez.
Quand la femme de chambre fut sortie , Agathe, qui avait repris tout son sang-froid, dit à Marcel d'une voix brève et presque impérieuse :
— Allons , remettez-vous ; du calme, et , quoi que je dise et que je fasse, ne vous en étonnez pas : ayez Tair indifférent à tout ; il ne faut pas que mon mari se doute de rien.
— Mais...
— Pas un mot, le voici.