DEUXIÈME PARTIE
trariée de l'arrivée de son mari. Eli/j se demandait ce qui pouvait l'avoir déterminé à quitter si brusquement son cher Paris et les plaisirs fastueux qui faisaient sa vie, pour venir s'enterrer près d'une femme qu'il n'aimait plus, dans une baie solitaire de la Bretagne, car il avait annoncé l'intention de séjourner à Kadoré le reste de la saison. Elle espéra d'abord que ce serait quelque besoin d'argent. Elle comptait, en ce cas, se débarrasser promptement de lui par un de ces sacrifices pécuniaires auxquels elle était accoutumée , et qui , dans la situation présente, ne lui aurait pas coûté un regret. Elle résolut de s'en éclaircir au plus tôt, et, dès qu'elle se trouva seule avec son mari :
— C'est une véritable surprise que vous m'avez faite, mon cher Arthur, lui dit-elle avec un gai sourire, et je suis curieuse de savoir h quoi j'en dois le plaisir.
— Mais h vous-même, ma chère Agathe, répondit le comte d'un ton sérieux.
— A moi? et comment, je vous prie?
— A t?ause du vide que vous avez laissé derrière vous, et que rien ne pouvait combler.
— Voudriez-vous me faire croire que je vous manquais et que vous vous ennuyiez loin de moi?
— Je ne veux vous faire croire que la vérité.
— Je vous admire, en vérité, de pouvoir më dire cela sans rire.
— j^ n'en ai pas envie.
— Écoutez, mon cher Arthur, cette comédie conjugale est bonne à jouer devant les étrangers, et vous avez vu que je savais y remplir convenablement mon rôle. Mais, entre n^ïrs,*i[ me semble que nous pourrions ôtl^r ti'ôs masques et être un peu nousmêmes.' Nous nous connaissons trop bien l'un l'autre poiir avoir l'espérance de nous tromper mutuellement sur nos sentiments.
Et d'ailleurs, à quoi bon? ne me rendezvous pas justice? ne reconnaissez^vous pas pe je suis de bonne composition, et na \M