‹ Marcel (volume 2)Chapitre 31 sur 128 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

suis-je pas montrée assez raisonnable pour avoir le droit d'exiger que vous me traitiez en camarade?

— Je vous sais aussi indulgente qu'aimable, et c'est pour cela que j'ose essayer, non pas de mériter, mais d'obtenir le pardon de mes péchés.

— Vous en avez donc commis de nouveaux ?

— Pourquoi le supposer? N'.ai-je pas assez des anciens h me faire pardonner?

— Tenez, vous me rappelez le proverbe du diable ermite. Ce n'est pas que vous ayez à redouter de long-temps les atteintes de la vieillesse; mais les gens de votre caractère ne retournent guère à la vertu qu'après avoir été éconduits par le vice. Vous êtes de ces enfants prodigues qui ne vont frapper à la porte de la maison paternelle que quand ils sont las de coucher à la belle étoile. Pour im revenir do si bon çœwv, I! fmX que vous ayez à vous pia|ndi'<^

des demoiselles de l'Opéra. Voyons, soyez franc.

— En effet. J'ai trouvé qu'il n'y en avait pas une qui fût digne de délacer le cordon de votre brodequin , et c'est pour cela que je viens me mettre à vos pieds.

— Voilà un triomphe flatteur pour ma vanité. Et vos chevaux anglais, leur avezvoLis aussi trouvé un défaut, que vous les (juittiez ainsi sans regret?

— Oui.

— Et lequel?

— C'est de ne pas être en étal de nie mener en Bretagne aussi vile que des chevaux de poste.

— Vous êtes charmant. 11 y a quelque chose là-dessous, quelque horrible attentat contre notre fortune. Combien avez-vous perdu au jeu?

— J'ai depuis quelque temps un bonheur insolent^ et j'ai fait des économies. Oui, des économies! Vous voyez bien que je me range. J'ai avant de partir déposé chez no-

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