‹ Marcel (volume 2)Chapitre 33 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

les plus cruels; je proportionnerais l'expiation aux fautes et la vengeance aux injures ; créancier impitoyable, je vous ferais payer toutes les dettes que vous avez contractées envers moi, capital, intérêts et arrérages, plus l'usure. Il n'est pas de coquetterie, de tyrannie, de perfidie que je ne me permisse à votre égard ; il n'est pas d'inquiétude, de défiance, de jalousie, de chagrin de toute espèce que je ne me fisse un véritable plaisir de vous infliger. — Maintenant qu'en dites- vous?

— Je crois que je vous aime déjà plus que tout à l'heure, et j'espère que j'arriverai bientôt à perdre tout à fait la tète.

— Ce que je viens de vous dire ne vous effraie pas?

~ Cela m'enchante. Vous êtes le plus charmant démon du monde.

— Je vous ferai voir que j'en suis aussi, quand je m'en mêle, le plus uîéchant.

— Je n'en aurai que pins do m^rifc^,

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et par conséquent plus de plaisir à vous vaincre.

— Vous vous llatlez donc de faire ma conquête ?

— Pourquoi pas ?

— Vous êtes un fat.

— Pardon. Ce qu'on a déjà fait, on peut, sans fatuité, espérer le faire encore.

— Non. Un homme averti en vaut deux.

Une femme avertie en vaut quatre.

— Vous cherchez à m'intimider. N'est-ce pas déjà une preuve de faiblesse?

— C'est tout simplement une preuve de générosité. Je vous ai montré les dangers et la difficulté de votre entreprise. Je vous laisse maintenant le temps d'y réfléchir.

Là-dessus la comtesse se leva, salua ironifjuemeni son mari et se retira dans sa chambre.

Cette conversation, en apparence si futile, lui avait suffi pour deviner la plus grande partie de ce qu'elle voidait savoir. Il était désormais évident pour elle que le

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