‹ Marcel (volume 2)Chapitre 34 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

comte, seoi'èlemeiU prévenu de sa liaison avec Marcel, n'était venu que pour la contrecarrer. Quel était l'auteur de cetle trahison? La marquise? Mais, ne pouvant se douter des singulières terreurs qui assiégeaient l'égoïsme de sa tante, elle ne lui voyait aucune raison pour prendre le parti de son mari contre elle. Elle supposa donc que c'était l'abbé Pascal, qui, poussé par la vengeance et le fanatisme, avait écrit de Saint- Brieuc une lettre anonyme au comte.

Menacée dans sa passion par deux ennemis à la fois, elle résolut de se défaire d'abord de celui qu'elle regardait comme le plus redoutable, en achevant de perdre à tout jamais le curé dans l'esprit de Marcel.

Quant au comte, ayant perdu l'espoir de réconduire au moyen d'une concession pécuniaire, elle forma le projet de s'en débarrasser d'une manière aussi sûre, quoique moins prompte, en lui rendant insupportable, à force de tracasseries et d'emuiis, le séjour de Kadoré. Elle comptait en même

temps lui ôtertout soupçon par sa prudence. Une fois son mari tranquille et parti, elle retrouverait toute sa liberté et pourrait se livrer sans contrainte au bonheur d'une passion partagée.

Le comte avait vu dans les plaisanteries d'Agathe une véritable déclaration de guerre, et s'attendit ii la voir réaliser les menaces qu'elle lui avait faites en riant. Il s'arma à l'avance d'une patience inébran lable, et, décidé à tout supporter pour arriver à son but, résolut de ne pas donner à sa femme un seul prétexte de colère, tout en exerçant sur sa conduite une surveillance assidue.

Après le dîner, la comtesse annonça Tintention de rendre visite à la famille Hubert.

— "Voulez-vous me permettre de vous accompagner? dit Arthur.

— Avec grand plaisir, répondit-elle. Mais ne craignez-vous pas de vous ennuyer? Les habitants de la Maison-Fleurie sont de simples campagnards, et leur société ne saurait

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