DEUXIÈME PARTIE
être amusante pour un Parisien aussi complet que vous.
— Vous déplaisent-ils ?
— Bien au contraire.
— Ils ne peuvent donc manquer de me plaire aussi. D'ailleurs, je dois une grande reconnaissance à l'un des membres de cette famille, à ce jeune héros que vous m'avez présenté ce matin. Je ne peux pas me dispenser de lui faire une visite sans manquer à toutes les convenances, et je ne veux pas débuter dans un pays oii je compte rester long-temps par une impolitesse qui serait eu même temps une ingratitude.
Agathe avait espéré mettre son mari dans une fausse position. Voyaiit qu'elle n'y avait pas réussi, elle dissimula son désappointement, et prit d'un air parfaitement satisfait le bras qui lui était offert. Puis tous deux se rendirent ensemble à la IMaison-Fieurie, où ils trouvèrent la famille réunie en compagnie de ses deux amis.
L'abbé Pascal n'avait pas gardé rancune à
Marcel d'une violence qui avait son excuse dans l'emporlement de la passion. Il ne voulait d'ailleurs ni abandonner sans consolation Eugénie à son chagrin, ni laisser soupçonner h madame Hubert rien de ce qui s'était passé. L'accueil froid et contraint que lui fit Marcel à son entrée blessa sa sensibilité sans lasser son indulgence.
Pour M. Jacquin, il était parfaitement à son aise vis-à-vis du jeune homme. Le curé, aussitôt qu'il avait appris l'arrivée du comte, était allé lui en faire part et lui recommander de nouveau une parfaite inaction.
— La prudence, lui avait-il dit, nous ordonne maintenant plus que jamais de ne nous mêler de rien. Plus nous serons réservés, pins nous serons habiles. La providence nous envoie un allié sur lequel nous ne comptions pas et le meilleur que nous pussions désirer. Si quelqu'un peut sauver Marcel, c'est le comte. Sa présence contiendra sa femme et rendra impossible toute liaison criminelle.