‹ Marcel (volume 2)Chapitre 37 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

et, l'attribuant h un mouvement de jalousie vis-à-vis de sa cousine, prodigua à celle-ci les témoignages les plus empressés de galanterie. Il donna tour à tour à son talent et à sa beauté des éloges d'autant plus flatteurs qu'ils étaient plus délicats. Mais il reconnut bientôt que c'était peine perdue. La jeune Glle n'accueillait ses attentions qu'avec une froide politesse, et répondait y peine par un sourire distrait à ses compliments les mieux tournés. Quant à Marcel, il avait cessé de s'occuper du comte dès qu'il l'avait vu exclusivement occupé de sa cousine. Bientôt même il disparut du salon.

La soirée était douce. Il faisait im beau clair de lune. Agathe proposa une promenade dans la campagne. Tout le monde applaudit à son idée, et l'on se mit aussitôt en route.

Elle fit mine de vouloir prendre le bras de son mari ; mais, comme elle s'y attendait, il s'y reufsa, et dit en montrant M. Jacquin :

— C'est un droit qui appartient au commandant, ma chère Agathe. Mes privilèges s'effacent devant la supériorité du grade.

M. Jacquin remercia le comte de sa déférence par le plus aimable de ses sourires, et prit, radieux, le bras de la comtesse. C'était ce qu'elle voulait. Elle avait deviné que Marcel serait à rôder dans quelque allée voisine et ne tarderait pas à la rejoindre. Il ne lui serait pas alors difficile de se débarrasser du vieux militaire et de rester seule avec Marcel, à qui elle voulait parler.

Tout se passa ainsi qu'elle l'avait prévu. Le comte, donnant le bras à sa tante, se mit à marcher à la gauche de madame Hubert, tandis que le curé marchait à la droite d'Eugénie, qui donnait le bras à sa mère. Le commandant et la comtesse, qui avaient pris les devants, trouvèrent à la porte du jardin Marcel, qui les accompagna. On fît de la sorte quelques centaines de pas en causant de choses indifférentes. Tout à coup Agathe,

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