DEUXIÈME PARTIE
il recouvra l'usage de sa voix. Vous avez été....
Il s'arréla, n'osant, ne pouvant pas en dire davantage.
— Sa maîtresse ; oui, dit Agathe, achevant résolument la phrase qu'il avait laissée interrompue.
Le jeune homme chercha à dégager son hras. Elle le retint, et ajouta rapidement :
— Mais je ne l'ai pas aimé.
— Vous ne l'avez pas aimé?
— Jamais.
— Comment se fait-il alors?....
Et Marcel s'arrêta de nouveau devant l'expression de sa pensée. Il y avait de certaines paroles qu'il ne pouvait se décider à prononcer; et d'ailleurs, pourquoi Teût-il formulée^ cette terrible question à laquelle il désirait bien, mais n'espérait point une réponse favorable?
La comtesse n'avait pas contemplé sans effroi la tempête qu'elle avait elle-même excitée dans l'âme de son amant. Elle vit
avec une joie orgueilleuse l'amour, un moment submergé , remonter peu à peu à la surface, et, dès lors certaine du triomphe, elle reprit avec plus de calme :
— €e que Pascal vous a raconté est vrai, je vous le répète ; mais il ne vous a pas tout raconté. Je lui ai appartenu, mais je ne me suis pas donnée à lui. Vous me demandez le mot de cette énigme; le voici. Appelé près de moi pour hâter la guérison d'une indisposition passagère , cet homme me fit prendre un narcotique qui me livra sans défense à la brutalité de ses désirs.
— Quelle infamie! s'écria Marcel avec violence.
— Contenez-vous, je vous en prie, répliqua la comtesse, ou vous allez attirer l'attention sur nous, et je ne pourrai pas achever ce que j'ai à vous dire.
— C'est que véritablement, reprit le jeune homme en tâchant de maîtriser les transports de son indignation, je n'aurais jamais imaginé qu'un homme pût commettre une