DEUXIÈME PARTIE. 9f
tion il doimait à sa conduiie. Elle continua : '■' — Ce prêtre a été la cause de tous mes malheurs. C'est pour lui échapper que, sans prendre le temps de la réflexion, je me suis jetée dans les bras du premier homme qui s'est présenté pour m'épouser. Je ne veux ni ne peux direde mal du comte; mais il n'y avait entre lui et moi aucune sympathie possible, il n'avait à m' offrir, en échange d'un cœur ardent et tendre, que les restes refroidis d'un cœur usé. Le mariage ne fut pour lui qu'une de ces spéculations que la loi et l'usage autorisent. Il ne vit pas en moi une épouse, mais une dot. Quand j'eusse voulu l'aimer, je ne l'aurais pas pu. Il n'apportait aucun aliment à la flamme qui brûlait en moi, et les plus belles années de ma jeunesse se consumèrent dans la solitude du cœur. Je voyais s'éloigner et s'effacer chaque jour davantage cette image charmante d'une affection partagée, qui avait été l'espérance, qui n'était plus que le rêve de ma vie. Je vous rencontrai. Je
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VOUS aimai. Ah! si vous saviez, cher Marcel , de quels âpres regrets je fus dévorée en reconnaissant en vous l'idéal que je m'étais formé ! Je l'avais enfin trouvée, cette •nature aimante, loyale, désintéressée , à laquelle j'aurais voulu demander le bonheur, 3UEre.de l!obtenir. Mais il était trop tard. Je no. m'appartenais plus. J'avais signé ce pacte par lequel une femme renonce à la libre disposition d'elle-même. Un lien indissoluble m'attachait à lU) homme indifférent pour moi comme je l'étais })our lui , et m'empêchait de m' unir à celui qui posséidait toutes mes sympathies. Vous aviez .mpn coeur, et je ne .pouvais vous offrir ma main. Je pleurai en silence sur cet avenir de félicité mort en naissant. Jamais ma bouche ne vous eût révélé le secret d'un amour condamné. Je bornais au plaisir de vous voir l'ambition de ma tendresse, et, me consolant à moitié de mon infortune par l'espoir de votie bonheur, je me prometlais de ne pas troubler la sérénité de