‹ Marcel (volume 2)Chapitre 47 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE. H · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. H

hïr^.àe ce côté. Il ne tarda pas non plus àj^e convaincre de l'impossibilité du ridiçji^Je. Beai^ sensé, siniple en toute.s choses j^t parfaitement modeste , ïe jeune Breton n'offrait aucune prise à la raillerie... .^

Il ne restait donc plus au. comte qu'une ressource , c'était de brouiller les deux amoureux , en poussant l'un à la défiance, l'autre à l'inconstance : il y travailla avec ardeur.

A ses intérêts d'honneur et d'argent se joignait un intérêt d'amour-propre. 11 se passionnait en artiste pour son œuvre. H trouvait piquant de jouer auprès de sa femme le rôle d'homme à bonnes fortunes et de la rendre infidèle à l'amour au profit du mariage. Il lui semblait glorieux pour la cause conjugale, dont il se faisait le champion, qu'im mari battit un amant sur son propre terrain avec ses propres armes. ,

Ce n'était pas tout. Vivant avec la comtesse dans un tète-à-tête presque perpétuel, il concentra forcément sur elle son alten-

tion, ordinaire ment éparpillée sur les mille accidents de la vie parisienne, et fut obligé de s'avouer qu'elle était charmante et presqii'en Ibut point supérieure aux femmes pour lestjuelles il l'avait si long-temps négligée. L'examen avait ramené l'admiration, l'admira lion ramena Tamoiir.

Cet amour, à la vérité, tenait plus de la fantaisie que delà passion, et ne prometlait pas longue durée. Mais, pour être éphémère, il n'en était pas moins ardent : aiguillonné par l'attrait de la résistance et le désir du triomphe, il suppléait momentanément par l'irritation à l'absence delà force.

Le comte mettait donc de jour en jour plus de bonne foi dans ses protestations et de vivacité dans ses poursuites, sans rien perdre cependant de son empire sur luimême et de son habileté. C'est un phénomène plus fréquent qu'on n'imagine que cette réunion bizarre de l'exaltation et du sang-froid dans le même individu.

La comtesse , quoiqu'elle n'eut aucune

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