‹ Marcel (volume 2)Chapitre 48 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE. il · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. il

Velléité de répondre à ce retour d'affection, n'y restait pas insensible. La vue de son mari repentant et repoussé chatouillait agréablement sa vanité; elle s'amusait d'entendre soupirer inutilement celui qui s'était autrefois ri de ses larmes, et savourait à longs traits ce plaisir, toujours si doux pour les femmes , de rendre dédain pour dédain. Elle profitait sans pitié de ses avantages et retournait le comte de toutes les manières afin de le tourmenter, tantôt feignant de ne pas croire aux témoignages de sa tendresse, tantôt lui accordant le bénéfice de la sincérité pour lui rendre plus pénible le refus de toute espérance, et redoublant de coquetterie h mesure qu'elle augmentait de rigueur. Et, quand il se plaignait de sa dureté :

— Allons! allons î répondait-elle en riant, du courage, Arthur ! Pleurez un peu , je vous en prie ; les larmes font partie de votre rôle; pleurez, et vous serez parfait.

Ou bien, le prenant au sérieux :

— Je VOUS ai averli que je me moquerais de vous, si vous faisiez la sottise de me raimer. De quoi vous plaignez-vous donc ?

Elle ne laissait pas que de s'inquiéter parfois du résultat de cette petite guerre amoureuse. Il était à craindre que son mari ne s'entêtât dans son entreprise et ne voulût plus s'éloigner. Mais le souvenir de sa légèreté habituelle faisait espérer à la comtesse qu'il ne tarderait pas à se lasser de l'inutilité de ses efforts et qu'il irait à Paris chercher une consolation dans des plaisirs plus faciles.

Cependant le comte ne se décourageait pas et poursuivait avec persévérance sa double tentative.

Chaque matin Marcel , surmontant ses répugnances pour se conformer aux instructions d'Agathe, venait faire une visite au château, où il était reçu avec une familiarité tout amicale. Chaque matin aussi le comte, sous le prétexte d'apprendre à con-

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