‹ Marcel (volume 2)Chapitre 51 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE. *I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. *I

laiJt malheureux dont elle amuse ses innocenls loisirs, ou, mieux encore, une victime , un palito , comme disent si bien les Italiens, qu'elle sacrifie perpétuellement sur l'autel de la vanité conjugale, un esclave qu'elle enchaîne au char du triomphateur; à Tamant, que le mari est un simple associé pour le commerce de la vie, le prête-nom de la raison sociale , un porte-bàt auquel elle impose toutes les charges de la conjugalité- sans lui en laisser aucun des bénéfices. Et le mari et l'amant, tous deux dupés l'un pour l'autre, mangent tour à tour à la même table, chacun s'en croyant le seul convive et riant de la bonhomie son rival soi-disant famélique. — Ce (|ue je voiis en dis, mon cher monsieur Marcel, n'a au reste d'autre but que de vous faire mieux apprécier le bonheur qui vous est réservé. Car, pour ma part, je n'en veux paS^du tout aux femmes dé ïeùKnVàlice. Ce n'est pas à elles qu'?l faut s'en prendre. La moitié de la faute en est à Dieu,' qui n'a donné à leur faiblesse

d'autre arme que la ruse 5 l'autre, à la société, qui, en les condamnant à la servitude, leur en a, par une conséquence inévitable, imposé les vices. D'ailleurs, j'ai personnellement plus à m'en louer qu'à m'en plaindre, et, si j'attrape de temps en temps quelque horion de leurs jolies mains, je n'ai que ce que je mérite. Pourquoi me fourrer dans la bagarre, quand je pourrais vivre parfaitement heureux chez moi? Mes maîtresses n'ont-elles pas raison de me punir d'abandonner ma femme , et mes mésaventures ne sont-elles pas une juste punition de mes infidélités? Agathe est charmante, je crois pouvoir le dire sans fatuité de marij elle m'aime beaucoup, plus assurément que je n'en suis digne; elle fait tout ce qu'elle peut pour me ramener près d'elle quand je m'éloigne, et pour m'y retenir quand je reviens. Je vous le demande, en conscience, que puis-je désirer de plus ?

Tous les systèmes de philosophie ont

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