DEUXIÈME PARTIE
leurs erreurs ; tous les plans de conduite ont leurs défauts.
La comtesse n'avait pas pensé au danger qu'il y avait à mettre si fréquemment Marcel en contact avec son mari. Celui-ci arrivait peu à peu à exercer sur l'esprit de son rival une funeste influence. Le candide jeune homme se laissait également troubler par ces théories sceptiques et ces affirmations audacieuses. Chacune des paroles qu'il entendait éveillait un doute ou une inquiétude. Trop inexpérimenté pour pouvoir pénétrer les intentions du comte, il se laissait prendre à son air d'insouciance désintéressée, et prétait à ses discours plus de créance qu'il ne l'eût voulu.
Il avait beau suspecter la bonne foi et repousser l'intervention de l'abbé Pascal, il n'en gardait pas moins au fond du cœur le souvenir de ses avertissements. Il était douloureusement frappé de la singulière concordance qui existait entre les conûden-
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ces libertines do l'homme du monde etjles austères révélations du prêtre. '^^
Ce n'était pas, il est vrai, sur Agathe que le comte faisait, commelecuré, tomber ses accusations de perfidie ; mais les convenances ne lui défendaient-elles pas d'exprimer librement sa pensée,, si elle était injurieuse pour sa femme? Ne pouvait-il pas d'ailleurs être dupe d'une de ces manœuvres frauduleuses qu'il disait si communes? La parabole de la paille et de 1a poutre ne lui était-elle pas applicable aussi bien qu'à tant d'autres? cih::.i.:: r,n -^^h^ai
Marcel ne pouvait donc , en dépit de ses elTorts, se défendre d'un commencement de méfiance. En vain son enthousiasme d'amoureux se révoltait-il contre la supposition d'une perfidie ; le raisonnement aidait la jalousie à pénétrer dans son cœur. "* ' ' Le comté, de son côté, commettait une imprudence qui pouvait lui devenir fatalél On voit le monde par sa fenêtre, et l'on juge les autres d'après soi. Initié dès l'âge