‹ Marcel (volume 2)Chapitre 55 sur 128 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

— Et cependant vous avez tressailli.

— J'ai cru que c'était vous qui me touchiez.

— Vraiment? dit le jeune homme avec émotion.

La comtesse haussa les épaules sans lui répondre. Il la considéra quelque temps d'un air agité ; puis détourna la tète et dit d'une voix tremblante :

— Agathe, vous m'aimez, n'est-ce pas?

— En doutez -vous ?

— Non, mais je veux savoir si vous...

Il s'arrêta. Il y a certaines paroles qu'à certain âge on n'ose pas prononcer.

— Que voulez- vous dire ? fit la comtesse en fixant sur lui un regard scrutateur.

Au lieu de répondre à la question d'Agathe en achevant la phrase qu'il avait commencée, il reprit en faisant un terrible effort sur lui-même :

— Serez-vous seule cette nuit ?

— Oui, comme toujours. Pourquoi me demandez-vous cela?

m MARCEL.

Il n'osa pas répondre. Une minute s'écoula pendant laquelle il lui sembla que son cœur allait se briser.

Le bruit de la pendule qui sonnait \int le tirer de son angoisse silencieuse.

—Onze heures ! s'écria-t-il quand le niarteau se fut arrêté sur le timbre, déjà onze heures ! Il faut que je me retire. Bonsoir, madame.

ïl s'éloigna précipitamment de la fenêtre et se dirigea vers la porte.

— Est-ce que vous vous en allez, monsieur Marcel? dit Arthur en se levant.

— Oui, monsieur le comte. Bonsoir.

— Attendez un moment, je vous prie, que je vous reconduise. , . , , . „^— Merci, c'est inutile, ie connais le chemin.

— Je le sais ; mais je ne serai pas fâché de faire quelques pas au grand air avant de me coucher.

Le comte n'avait pas entendu un mot de la coi^versation qui venait d'avoir lieu; mais

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