DEUXIÈME PARTIE
questions, jusqu'à ce qu'ils aient découvert votre secret , et vous font endurer la persécution d'une bienveillance implacable.
— Bonjour, monsieur Marcel, dit un des premiers arrivés. Pourquoi donc que vous restez comme ça couché par terre? Vous gagnerez du mal.
Marcel ne répondit pas.
— Est-ce que vous dormez , monsieur Marcel? dit un autre.
Et, pour voir ce qui en était, il secoua le jeune homme avec force.
— Laissez-moi, répondit brusquement celui-ci en repoussant la main qui l'avait saisi, mais sans se retourner ; laissez-moi et passez votre chemin.
Ce rude accueil ne découragea pas le paysan, qui reprit avec calme :
— Ah! vous n'êtes pas aimable ce matin, monsieur Marcel. Qu'est-ce que vous avez ? Est-ce que vous êtes malade?
— Non.
— Ah! tant mieux que vous ne soyez
4oO MARCEL.
pas malade. Mais alors qu'est-ce que vous avez, si vous n'êtes pas malade?
Marcel garda le silence. Le paysan continua le cours de ses questions :
— Est-ce qu'il est arrivé du mal à madame Hubert ou à mam'selle Eugénie?
Dites, monsieur Marcel.
— Eh ! non , répliqua un autre de la bande, puisque je les ai vues pas plus tard qu'hier soir à la maison Fleurie, en revenant de la pêche, ainsi!
— Tant mieux qu'il ne leur soit pas arrivé de mal, à ces pauvres petites dames du bon Dieu. Alors qu'est-ce donc que vous avez, monsieur Marcel? Est-ce que vous avez perdu de l'argent?
— Comment veux-tu qu'il eût perdu de l'argent, le jeune maître, puisqu'il n'en porte jamais !
— Et puis, dit un troisième, s'il avait perdu de l'argent, il le chercherait, son argent, au lieu de rester là comme un colas,