DEUXIÈME PARTIE. i^i
dame ! et il nous dirait de le chercher avec hii, pas vrai ?
— Alors, monsieur Marcel, reprit l'imperturbable orateur, il ne se peut point que vous ayez du chagrin. Alors donc vous êtes malade, et faut vous soigner. Ne vous fâchez pas.
En disant ces mots, il prit Marcel dans ses bras et l'enleva de terre avant qu'il eût pu faire un mouvement pour résister.
—Jésus-Dieu ! s'écria-t-il en reculant d'un pas, vous êtes blessé, monsieur Marcel!
Quand je disais, moi! Est-il saignant, ce pauvre mignon , est-il saignant ! Qui est-ce qui vous a fait ça, monsieur Marcel? nom mez-le-moi un brin, il saura au juste ce que pèsent les mains de Colomban Kerouet.
Hein ! monsieur Marcel , dites-voir, que je l'arrange, le brigand.
— Merci, répondit le jeune homme avec impatience, c'est moi-même qui me suis blessé en tombant , et je n'ai besoin de rien que de repos.
— Oui, faut vous reposer, et tout de suite encore, et puis mettre là-dessus une bonne compresse d'eau- de -vie. Rien n'est bon comme ça , voyez-vous. Venez , je vas vous reconduire chez vous.
— Merci , je m'en retournerai bien tout seul.
— Oh! quenenni pas, monsieur Marcel, je sais trop bien ce que je vous dois , et iK)us serions blâmés s'il vous arrivait quelque chose en route. Je vas prendre votre bras, et...
Comme il joignait l'action à la parole , Marcel exaspéré se débarrassa violemment en s'écriant :
— Laissez-moi donc tranquille, à la fin, et allez au diable !
— Ca va mal , dit le paysan en secouant la tète d'un air attristé. Lui qui est si gentil et si doux d'habitude ! J'ai bien peur que l'esprit soit un peu toqué. Les coups à la tète , voyez- vous , n'y a rien qui ahurit un