DEUXIÈME PARTIE
homme pareillement. M'est avis qu'il iaut prévenir monsieur le curé.
—Oui, répondirent plusieurs voix, allons avertir monsieur le curé. #
Ces mots eurent un effet magique sur Marcel. Rien n'eût pu lui être en ce moment plus pénible que la présence de l'abbé Pascal. Il prit la fuite à toutes jambes, sans dire un mot. Les paysans le crurent Ibu et le suivirent d'un regard stupéfait jusqu'à ce qu'il eût disparu derrière les arbres de la colline.
En s'approchant de la Maison-Fleurie, Marcel ralentit le bas. Il espérait traverser le jardin et gagner sa chambre sans être vu ni entendu de personne ; il voulait au moins éviter à sa famille la contagion de son malheur. Mais cette nuit ne devait pas être douloureuse à moitié.
A peine eut-il mis le pied dans le jardin, que Griffon accourut et se mit à sauter et à aboyer de son mieux pour souhaiter le bonjour à son maître. En vain celui-ci lui
faisait sigao de se taire. Le brave animal était peu accoutumé à se voir imposer silence : prenant pour des encouragements les gestes impérieux du jeune homme, il ne faisait que redoubler de pétulance. A la fin , Marcel impatienté lui donna un coup de pied. Le pauvre Griffon ne fit succéder aucun cri de douleur à ses joyeuses acclamations; mais il leva vers son maître un regard plein de tristesse , baissa les oreilles, mit sa queue entre ses jambes et regagna [ûteiisement sa niche. Marcel se repentit aussitôt de sa cruauté et voulut porter à son fidèle compagnon la consolation d'une caresse.
Mais il s'arrêta en apercevant sa tante et sa cousine qui sortaient du salon. Elles l'avaient attendu toute la nuit, livrées à de mortelles inquiétudes, et elles accouraient h sa rencontre , palpitantes d'émotion.
—D'où viens-tu, malheureux enfant? lui ditniadauïe Hubert, du plus loin qu'elle le vit.