TROISIÈME PARTIE
comme la foudre, brûle tout sur son passage, et ne laisse derrière elle que des cendres. L'amour était désormais nécessaire à cette existence. Mais qui aimer? Agathe? mais connneiU se fier à qui vous a trompé? et l'amour va-t-il sans la confiance? Eugénie? mais ce cœur qu'elle n'avait pas su conquérir libre, comment l'occuperait-elle maintenant plein de souvenirs? Une autre femme? mais Marcel n'en connaissait pas. D'ailleurs, Irouverait-il dans une autre la loyauté, la fidélité qui manquaient à Agathe ? Et n'était-ce pas une folie d'en supposer une, non pas supérieure, mais seulement égale à celle qui avait fasciné son imagination et captivé tout son être? L'objet d'un premier amour paraît toujours incomparable, et, lors même qu'une faute a fait descendre la divinité au rang des simples mortelles , on croit encore qu'elle ne leur ressemble que par ses faiblesses et non par ses grandeurs.
Aussi, malgré les révoltes de son orgueil n. 11
m Marcel.
et les conseils de sa raison, en dépit et presque à l'insii de lui-même, Marcel persévérait-il dans son funeste attachement.
Par un bizarre et fréquent phénomène, il ne pouvait s'empêcher ni d'aimer ni de haïr Agathe, et l'admirait encore en la méprisant. Et il souffrait doublement do sa double impuissance. Penché sur cette idole qu'il avait vue se coucher dans la boue, il pleurait sur elle et sur lui-même, désespéré et honteux do n'avoir ni la force de la relever ni le courage de s'en éloigner.
11 ne lui restait pas même la ressource des consolations.
Ce n'était pas auprès de sa famille qu'il pouvait chercher un refuge contre luimême. Son malheur était à la fois la conséquence et le châtiment d'une faute; et ces doux nobles femmes, qu'il avait blessées dans leur affection et dans leurs espérances, so montraient assez compatissantes en ne lui loprochant pas lo mal qu'il leur avait fait, on no reversant pas sur lui le trop plein