‹ Marcel (volume 2)Chapitre 73 sur 128 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

elle pavS mentir aussi bien que !a beauté de la femme? Ai^alhc avait été pevMde : pourquoi Pascal ne serait-il pas infâme?

Une secrète voix disait bien au jeune homme qu'il ouvrait son âme aux suggestions de l'imposture, et lui reprochait chacun de ses doutes comme une action honteuse. Mais que peuvent les eflbrls de la conscience contre les coiivulsions furieuses de hi passion aux abois? et se laissera-ton guider par l'instinct au moment même où il vient de vous perdre?

La vérité a certainement son caractère propre et ses symptômes qui doivent la faire reconnaître. Mais il n'est permis qu'à des yeux exercés de les bien distinguer. La double maturité de l'âge et de l'expérience manquait à Marcel. !l en était encon; à la période des étoimements et des exagérations. L'esprit de l'homme obéit à une loi d'oscillation qui ne lui laisse trouver son aplomb que peu à peu et après avoir passé et repassé d'une extrémité à une autre.

N'ayant eu aucun démêlé avec le cominaiidanl, Marcel n'avait aucun motif pour mettre en doute sa bienveiliauce et son dévouement, et il n'eût pas hésité à y faire appel dans l'occasion. Mais il sentait que le vieux militaire ne connaissait rien aux agitalions de l'amour, et ne pouvait avoir de remède pour des chagrins qu'il ne comprenait pas.

D'ailleurs, il faut le dire, quand même il eût pu trouver un confident sympathique et facile, certains scrupules, inhérents aux nobles natures , lui eussent encore fait 'garder le silence.

L'âme a sa pudeur et répugne à montrer ses défaillances et ses plaies. Il est aussi un sentiment complexe, mélange de délicatesse et de fierté, qu'on pourrait appeler l'honneur de l'amour, qui défend de livrer à la haine et au mépris d'autrui ce qui a a été l'objet de notre tendresse et de notre enthousiasme. L'amour est un culte , et, pour les femmes comme pour les dieux, il

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