TROISIÈME PARTIE
lugubre th sa préoccupai ion. L'abbé Pascal, à qui l'on avait des !<' premier moment demandé ce qu'il laliait laire , avait répondu : — Attendre. — Et, plein de coniiance dans la sagesse du prêtre, tout le monde se conformait à ses ordres. On faisait en quelque sorte la part du feu, et l'on abandonnait ce violent désespoir à toute son intensité, aiin qu'il s'éteignit plus vite en se consumant sans obstacle.
Quoique impérieusement commandée par les circonslances , une neutralité de ce genre n'en était pas moins pénible à observer. Le cœur résiste mal à la force expansive de l'attendrissement, et rares sont les natures auxquelles convient l'héroïsme des <lévouemenîs sloïques. En toute autre occasion, les amis du jeune homme se fussent difficileuieut résignés à ne manifester leur airection que par l'inertie. Mais à cette heure, chacun avait son fardeau à porter et sa lutte à soutenir.
Eugénie endurait, elle aussi, toutes les
m MARCEL.
tortures de l'amour trompé, et n'avait sur Marcel que le triste avantage de l'habitude. Désolée d'avoir laissé une fois s'échapper de ses lèvres le secret du mal qui la dévorait, elle se reprochait durement sa faiblesse et umplôyait toute la puissance de son âme à en effacer le souvenir ou du moins à en empêcher le retour.
Le cœur des mères est un foyer où viennent se concentrer toutes les douleurs des enfants. Grâce h ce sublime et terrible privilège, madame Hubert ressentait à la fois toutes les angoisses de ses deux bien-aimés. Et, comme si ce n'eût pas été assez de ce chagrin multiple, le remords venait s'y joindre. La pauvre femme se faisait nn crime de son ignorance et s'accusait des malheurs qu'elle n'avait pas su prévoir. Il n'y avait place dans sa belle âme ni pour le soupçon ni pour la colère. Elle ne pensait ni h blâmer Marcel ni même à se plaindre de ia comtesse. C'était sur elle-même, sur elle seule qu'elle faisait retomber toute