TROISIÈME PARTIE
la responsabilité de ce funeste amour; et elle se demandait avec amertume à quoi bon elle restait sur la terre, puisqu'elle ne savait plus veiller au salut de ses enfants.
L'abbé Pascal était devenu plus sombre encore et plus austère qu'auparavant. Il passait tout son temps au cbevet des malades. La secousse des derniers événements avait rouvert les blessures mal fermées de son àme , et l'homme fort cherchait dans l'exercice de la charité un soulagement à ses soulTrances.
Le bon M, Jacquin, sans s'expliquer parfaitement l'aflliclion de ses amis, ne s'y associait pas moins cordialement. H voyait que !a tristesse était à l'ordre du jour, et cela lui suffisait pour être triste. Il ne riait plus et ne jurait guère. Il est vrai qu'il se dédommageait sur le tabac et les perdreaux de cette double privation. Il ne cessait, du matin au soir, de chasser ou de fumer. Quant à ses discours, ils n'étaient ni longs ni variés. — Eh bien! coiumentcela va-t-il
aujourd'hui? — Allons! allons! il faut espérer que cela se passera. — Telles étaient les deux Ibnnules de conversation qu'il employait le plus habituellement dans ses visites à la Maison-Fleurie. Il eût craint, en en disant davantage , d'être indiscret ou maladroit.
Les domestiques, devinant aussi quelque malheur, accomplissaient leurs devoirs en silence. Il n'y avait pas jusqu'à Griffon qui ne parut affecté à sa manière de ce changement d'hahitudes. Son instinct lui disait qu'il fallait qu'il se passât quelque chose de bien extraordinaire pour que personne ne jouât avec lui, et il se conformait par sa tranquillité à l'attitude mélancolique de ses maîtres.
On eût cru que la mort avait visité celte maison naguère si animée; et, en effet, on y portiiit le deuil du bonheur.
C'est ainsi que se passa l'autonnie.
Les révolutions périodiques de l'année n'exercent sur l'existence des villes qu'une